Maxime Duveau

En 2019, Maxime Duveau avait bénéficié de sa première exposition personnelle dans un musée, au MAMC+ de Saint-Etienne, alors lauréat du Prix des mécènes partenaires. Le jeune artiste (né en 1992), sorti de la Villa Arson, y déployait ses papiers noircis au fusain et à l’encre, matière à un roadtrip californien, croquant les lieux mythiques du rock américain, ballade fantasmée à Los Angeles qu’il déclinera aussi dans un polar en forme d’enquête artistique. Depuis, ses grands formats se sont enrichis de la couleur, entremêlant le tamponnage de ses virées entre amis et les lignes de ses textes, créant des œuvres hybrides, à la manière de cartes routières mentales, évoquant les affiches déchirées de Villeglé et les expérimentations du groupe Supports/Surfaces. Empreintes et signes se superposent, redigèrent ses propres dessins ainsi fragmentés, jusqu’à une abstraction scripturale aux couleurs éclatantes. Synthèse réussie de l’art et du langage.
Maxime Duveau, en résidence à la Drawing Factory II, 61 rue de Richelieu, drawinglabparis.com
Nina Mae Fowler

Qu’est-ce qu’une star hollywoodienne ? Quelles âmes se blottissent dans ces figures du star-système, égéries sublimées par les paillettes et les nuits hallucinées ? Nina Mae Fowler interroge, dans ses dessins au graphite, l’humanité fragile de ces icônes, guettant la tension entre sublime et tragique dans l’envers de ce grand décorum. Voici réinterprétée une ancienne photographie de Norma Jean – non encore Marilyn – parue dans Playboy, voici les sœurs Hemingway traversées par les drames de l’alcool, les anciennes beautés arc-boutées dans leurs fourrures, les larmes de celle, oscarisée, qui a été agressée sexuellement par le réalisateur, la revanche de l’épouse trompée… Les corps surgissent, souvent féminins, à la fois sombres et exaltés. De la beauté déchue, de la mort, de la dérision, le crayon et la gomme de l’artiste excellent, narrant un autre story-board, aussi cruel qu’émouvant.
Nina Mae Fowler, Celluloid Studio, jusqu’au 29 mars, Galerie Suzanne Tarasieve, suzanne-tarasieve.com
João Trevisan

On pourrait appeler ces peintures de petites enluminures contemporaines. Il faut s’approcher de très près pour en déceler l’application systématique de petites touches, traits fins incisifs verticaux qui montent en dégradé des paysages abstraits, enfouis dans une étincelante nuit dorée. Art précieux et radical s’il en est. On est dans le crépuscule du couchant, sur un territoire non identifiable si l’artiste ne nous indique pas qu’il s’agit du plateau plat de Brasília
où il est né et réside, et des montagnes du Minas Gerais qu’il a connu enfant, au sud-est du Brésil. La lumière, comme diffractée, scintille au creux de ces trames multiples d’huile et d’encaustique créant des ombres nocturnes et veloutées. Les paysages laissent place aussi à des œuvres plus minimalistes, uniquement rythmées par des lignes géométriques, souvenir de promenades le long de voies ferrées. Magnétique !
João Trevisan, représenté par la Galerie RXSlag, rxslag.com












