À seulement 17 ans, Arielle Beck s’apprête à fouler pour la quatrième fois la scène mythique de la Roque d’Anthéron. La jeune musicienne au parcours fulgurant, récemment couronnée aux Victoires de la Musique Classique, entretient avec le festival provençal une relation fidèle. Une rencontre.

Vous allez bientôt vous produire à la Roque d’Anthéron dont vous devenez habituée.
En effet, j’avais 14 ans la première fois. Là, c’est la quatrième année que je reviens. C’était une très grande surprise il y a trois ans, et évidemment, comme on peut s’y attendre, c’était un énorme honneur et ça l’est chaque année.
Qu’est-ce qui rend ce festival si particulier pour vous ?
Il y a une certaine fidélité qui se crée, ce qui est toujours très spécial. On retrouve un peu le même public aussi. Donc on tisse un lien année par année. L’année dernière, je me suis produite pour la première fois en récital sur la grande scène. Cette scène est mythique, très particulière pour l’acoustique, parce qu’elle sonne très bien du public. Cette année, je vais y jouer pour la première fois un concerto, en l’occurence le Concerto de Grieg avec l’orchestre Consuelo dirigé par Victor Julien-Lafferière, le 23 juillet.
Avez-vous des anecdotes marquantes de vos passages à la Roque ?
Oh oui ! La première année que j’avais joué en récital à Pagnol, je commence le concert et puis il y a, pouf, une guêpe qui tombe morte sur le clavier ! En fait, on a découvert un énorme nid de guêpes sous le rideau, au-dessus du piano. En urgence, tout le personnel a dû trouver des solutions sans me le faire savoir, parce que l’idée n’était pas de me pétrifier la veille…. Et l’année dernière sur la grande scène, j’ai joué la première partie du récital avec une lumière complètement aveuglante. J’avais l’impression d’avoir des projecteurs dans les yeux. J’en avais des marques sur les yeux tellement c’était intense. Mais tout cela fait partie du concert en direct, du « métier », donc, on s’y adapte !
Malgré ces péripéties, vous semblez très attachée à ce festival…
Absolument ! L’équipe est toujours aux petits soins. Ils sont adorables, vraiment. Surtout, les techniciens du piano sont absolument incroyables. C’est presque une petite famille. C’est aussi un des plaisirs d’avoir une certaine fidélité avec des lieux, des festivals, de retrouver des personnes comme ça. J’ai toujours un plaisir particulier à revoir les techniciens de La Roque qui sont vraiment passionnés par ce qu’ils font.
Le 24 juillet, vous parlerez de votre premier disque dans le cadre des « Rencontres sous séquoia ». Pourquoi avez-vous voulu enregistrer Schumann ?
Schumann est très clairement l’un de mes compositeurs favoris. Il m’accompagne depuis l’enfance, il est un des premiers que j’ai écoutés et que j’ai joués. Schumann, m’est donc très intime. Quand je joue du Schumann, j’ai toujours cette impression que je me sens comme à la maison. Ce que j’aime chez Schumann, contrairement à ce qu’on dit souvent – qu’il serait fou, bipolaire, instable – je ne ressens pas du tout ça dans sa musique. Au contraire, je ressens sa musique comme une musique très saine, très transparente avec les sentiments, très sincère, qui n’a pas besoin de pathos pour exprimer des choses. C’est une musique très directe. Je pense que c’est pour ça que j’aime Schumann.
Au-delà de Schumann, quels sont vos compositeurs préférés ?
En ce moment, je suis très Bach, très très Bach. Puis, Mozart, Chopin, Ravel, Fauré, Prokofiev… Mais je m’intéresse aussi aux compositeurs vivants, je compose d’ailleurs moi-même. Benoît Menut m,’a fait l’honneur de me dédier ses Préludes d’après Hasui, que je créerai cet été.
Festival international de piano de La Roque d’Anthéron : du 16 juillet au 16 août ; hors les murs du 6 juin au 7 juillet.
Concert d’Arielle Beck : le 23 juillet, Parc du Château de Florans
Information et réservation : https://www.festival-piano.com/






