Du sous-sol au restaurant, en passant par le lobby, les oeuvres des résidents de la Drawing Factory se déploient dans le Drawing Hotel. Notre regard sur cet évènement 100% dessin. 

Louise Dumas, Piscine Léo Lagrange, Nantes, 2025, pastel sec sur papier, 150 x 106 cm © Courtoisie de l’artiste

On l’attendait, l’exposition de sortie de résidence de la Drawing Factory est arrivée. Elle présente une sélection des 33 artistes qui, pendant six mois, ont pu profiter d’un atelier au 61 rue de Richelieu à Paris. Depuis le 27 mai, les oeuvres ont investi le Drawing Hôtel, du Drawing Lab au sous-sol au rez-de-chaussée. Ce qui nous a intéressé ? Les regards féminins portés sur le monde, avec humour, sensualité, cynisme ou douceur. Dans le lobby, Tamaris Borrelly expose un paysage paradisiaque minutieusement peuplé d’êtres minéraux et végétaux interconnectés. Dans le restaurant, Boryana Petkova trace avec son corps des lignes vivantes. Au sous-sol, deux artistes abordent chacune à leur manière l’éco-féminisme. Amélie Barnathan, que l’on retrouve à la Galerie Delaunay, redonne de la puissance aux sorcières à travers ses aquarelles roses faussement naïves. Et Camille Demirian anime un western au féminin, mais serait-il pour autant moins violent ? Au milieu de ces affirmations, deux artistes dessinent avec délicatesse, précision et dextérité le monde qui les entoure. Dana Cojbuc prolonge au fusain les paysages naturels qu’elle photographie. Le glissement est subtile, presque imperceptible, le réel et le fait de l’artiste se complètent. En face, Louise Dumas reproduit au pastel des instantanés d’espaces collectifs urbains – piscines publiques, laveries. Surfaces de projection, elle superpose des images en jouant avec les reflets. Epatante. Et pour compléter la proposition curatoriale de Claire Luna, nous citerons trois autres résidents qui ont retenu notre attention lors de la visite des ateliers : Claire Vaudey et ses explorations de l’architecture dessinée (actuellement exposée à la galerie Dilecta à Paris), Maelle Ledauphin et ses dessins joyeusement sensuels (actuellement à la Biennale d’art de Château-Gontier) et Sylvain Le Corre qui partira bientôt sur la goélette Tara pour s’inspirer des océans. Vive le dessin !

Crédit visuel de couverture : Dana Cojbuc, En Levko #10, 2026, tirage pigmentaire et dessin au fusain et pastel sec, 60,5 x 78,5 cm © Courtoisie de l’artiste