Liberté à Rennes

Du 6 au 17 novembre, le festival du Théâtre National de Bretagne permet de s'immerger dans les grandes problématiques du spectacle vivant d'aujourd'hui : dialogue entre arts du corps et arts du texte incarné, entre théâtre et cinéma, entre arts de la scène et arts de la rue. Nous étions à l'ouverture.
Par Louise Dumas
le Mardi 12 Novembre 2019

libertéUne série de mésaventures ferroviaires ayant retardé mon arrivée à Rennes, je suis obligée de revoir mon programme festivalier. J'irai finalement voir Monstro, présenté par le jeune collectif rennais « Sous le manteau ». Comme le hasard fait bien les choses ! Ce spectacle est un enchantement. S'emparant de la tradition du mât chinois (normalement pratiquée en solitaire), les sept acrobates livrent une réflexion – en quelques mots mais surtout en actes d'une stupéfiante agilité – sur la manière dont le talent individuel est sublimé par le travail collectif. Un tel spectacle n'a finalement guère à envier à la nouvelle création de Damien Jalet, Omphalos, dont la belle scénographie indique une abondance de moyens. La chorégraphie centrale, interprétée par seize danseurs en équilibre sur une gigantesque antenne parabolique, est impressionnante, émouvante même. En revanche, les séquences d'ouverture et de fermeture, qui mettent en scène quatre individus engoncés dans des costumes façon Daft Punk frangés et pailletés, peinent à convaincre, tout comme le discours cosmogonisant et cosmopolitisant que Jalet construit autour de son spectacle. Je préfère personnellement les mots simples, directs mais profonds de Rainer Werner Fassbinder dans Liberté à Brême (mise en scène par Cédric Gourmelon création au TNB) ou d'Emmanuelle Bernheim dans Stallone (reprise du Festival d'automne) : deux textes sur l'émancipation féminine servis par des actrices (Valérie Dréville et Clotilde Hesme) habitées par leur rôle.

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