J'ai pris un verre avec...Joséphine de La Baume

Par Frédéric Mercier
le Mercredi 23 Janvier 2019

verre avecFranck le photographe va m'en vouloir à mort. C'est d'habitude ensemble que nous allons « prendre des verres ». Cette fois, je l'ai jouée perso car jeudi, j'avais un 5 à 7 avec Joséphine de La Baume à « L'Hôtel », palace situé rue des Beaux-Arts à Paris. C'est le quartier où elle a passé sa jeunesse avant de migrer vers l'âge de sept ans dans le Ve arrondissement, du côté de la rue Mouffetard. L'endroit, assez romanesque avec ses oubliettes, ses caves voûtées, son ambiance fin de siècle a, selon elle, beaucoup changé : « C'est l'hôtel où Oscar Wilde est mort. C'était moins léché avant. Les parents du quartier, les galeristes notamment se retrouvaient ici pour boire des coups. C'était une autre époque. Là, ça fait un peu hôtel d'aventures d'après-midi, d'adultère.» La belle rousse commande un latte. Pour la soirée arrosée, on repassera. Elle ne veut pas d'alcool car dans quelques jours elle passe un casting important, ce qui la stresse à mort. « Je suis très hypocondriaque, je me suis inventé cinquante maladies, j'ai l'impression d'avoir mal partout. J'avais ça avant aussi, avant chaque concert.» Car Joséphine de La Baume n'est pas que comédienne, ayant débuté dans La Princesse de Montpensier de Bertrand Tavernier (« on ne le dit pas assez mais en plus d'être une encyclopédie, c'est quelqu'un de très drôle ! »), elle est aussi musicienne, avec son frère, au sein du groupe Singtank puis bientôt, encore à ses côtés, dans un projet encore plus personnel. Si elle a également été mannequin pour de célèbres marques, si elle a affolé (c'est un euphémisme) en 2011 le monde en lingerie dans une campagne légendaire d'Agent Provocateur, elle a toujours caressé le désir d'être actrice, étudié le jeu à Paris puis fait des études d'art en Angleterre avant d'apprendre son métier à New York avec Susan Batson, célèbre coach, notamment de Binoche. C'est une touche-à-tout internationale, anglicisant pas mal ses expressions, partageant sa vie entre Paris, Londres et l'Amérique, qui a déjà joué pour Alex Ross Perry, Ron Howard et avec Mr Bean. Aujourd'hui, elle écrit un scénario, se rêve en cinéaste, après avoir déjà réalisé un court métrage qu'elle aurait voulu plus salace. Dans le dernier film, inclassable, d'Arielle Dombasle, qu'elle compare à une « installation libre sur l'inconscient, la fatalité », elle joue chacune de ses scènes avec bonheur, appétit, ça se sent. « C'était, raconte-t-elle, une drôle d'aventure comme des colonies de vacances. Avec Nicolas Ker, ça a été un peu compliqué le premier jour. Il peut être ingérable. Et comme je traversais une période difficile, je ne savais pas si j'allais pouvoir le supporter. Alors on s'est expliqué, on a mis cartes sur table et après ça allait beaucoup mieux. Et je me suis rendue compte que c'était un type au fond très touchant. » Loin de la jet-setteuse ingérable et narcissique à laquelle je m'attendais (à cause de mes préjugés à la con), cette parisienne divorcée du très branché DJ britannique Mark Ronson se révèle sans afféteries, pleine d'allant et d'humour, d'incertitudes, de rêves et dévoile sa part ingénue, romantique : « Je romance tout à outrance. Je m'invente des histoires. J'ai traversé des moments plus ou moins durs, ça m'a fortifiée. » Que Franck veuille donc m'excuser mais ce bon moment aura été pour moi tout seul.

Photo Thomas Pirel

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