A la découverte de l'Opéra

Alors que le festival Mon premier festival d'Opéra vient de s'achever à l'Opéra Comique, retour sur les trois spectacles, Gretel et Hansel, Petite Balade aux enfers et Contes chinois qui ont marqué cette édition. Tout comme l'interprétation vivante et singulière de la Maîtrise populaire de l'Opéra Comique.
Par Olivier Frégaville Gratian d'Amore et Oriane Jeancourt Galignani
le Jeudi 28 Février 2019


OPERA

Photo, Petite Balade aux enfers, Stefan Brion

Ouvrir ce festival dédié à la jeunesse avec l'opéra Gretel et Hansel, c'était promettre autant l'enchantement, que le véritable art lyrique. La Maîtrise populaire de l'Opéra Comique, composée d'enfants, à partir de neuf ans, se lançait là un défi musical, et chorégraphique neuf. Le public, peuplé d'enfants de cinq à soixante-quinze ans, trépignait donc avant la première, samedi 9 février. Le pari fut tenu, la Maîtrise populaire de l'Opéra Comique a porté cette adaptation de l'opéra de Humperdinck, en français et ressérée, de manière délicate et légère. Ils chantaient sous la baguette de celle qui les a formé et a mis en scène le spectacle, Sarah Koné. Dans un décor de dessins, les maisons en carton, la forêt de troncs de papier, les enfants habillés en figures de contes d'Europe orientale, se sont livrés à une interprétation maîtrisée de la partition wagnérienne de Humperdinck. On retiendra particulièrement le tout jeune interprète qui interprétait Hansel ( Micha Calvez-Richer), le superbe baryton ( Karl Gédor) qui interprétait le père, ou la sorcière ( Ludmilla Bouakkaz), mais surtout l'ensemble, et la performance de danse et de chant de ce choeur envoûtant. 

Petite Balade aux enfers

Une semaine plus tard, on découvrit sur scène Valérie Lesort, et ses marionnettes dans une adaptation très singulière de l'Orphéede Glück. Paradoxe pour les habitués des lieux, cet Orphéefut il y a quelques mois un superbe moment lyrique et scénique sur cette même scène. Mais revenons à Lesort, elle est elle aussi chez elle sur cette la scène de Favart, on se souvient du si vivant et audacieux Domino noir dont elle signait la mise en scène avec Christian Hecq l'année dernière. Autre décor, mais semblable fantaisie dans cette Petite Balade : au centre du plateau, se dresse un castelet, réplique à l'identique du cadre de la scène. De la pénombre, tente de s'extirper difficilement une première marionnette, un joyeux vieillard en toge blanche, Zeus en personne. Conteur de l'histoire, Christian Hecq, dont l'on reconnaît sans conteste la voix, plante le décor avec malice du mythe d'Orphée. Les premiers rires fusent. La très jeune assistance est captivée. 

Orphée (Marie Lenormand), musicien virtuose, aime passionnément Eurydice (Judith Fa). Le destin cruel les sépare peu de temps après leurs noces. Piquée par un serpent, la belle meurt. Inconsolable, aidé d'Amour (Marie-Victoire Collin) et de sa lyre magique, le jeune homme brave les enfers et les monstres qui le peuplent pour la retrouver et la ramener à la vie. Rien ne se passe comme prévu. Mais pas d'inquiétude tout se termine pour le mieux, la musique est une arme puissante contre l'obscurité, la mort.

Malgré l'exclamation amusée d'un jeune garçon, « tout ce périple, pour rien ! », La plasticienne Valérie Lesort réussit le tour de force de créer un spectacle féerique et captivant, une descente aux enfers drôle et ludique qui émerveille petits, tous quasi-silencieux une heure durant, et grands. Porté par les voix envoûtantes des trois chanteuses lyriques, par les chants choraux de la Maîtrise populaire de l'Opéra Comique, par la direction musicale fine de Marine Thoreau la Salle, cette Petite balade aux enfersest un délicieux premier pas pour éveiller les curiosités et découvrir l'art opératique. 

Contes chinois

Enfin, ce fut un très grand succès du spectacle jeunesse qui vint clore ce festival du 22 au 24 février : Contes chinois. Emerveillement de ce spectacle qui entremêle calligraphie, chant chinois, contes traditionnels, et chant en anglais. A la table et à la plume, Chen Jiang Hong, dont on connaît les très beaux traits d'encre dans ses livres jeunesse, qui ici animèrent le récit d'un enfant et d'une tigresse qui apprirent à s'apprivoiser l'un à l'autre. Effet d'hypnose de ces trois contes qui créent un dialogue entre images et musiques, interprétées au piano, et à la voix par François Orsoni. Lorsqu'encre et chants suffisent à projeter les enfants dans un monde qui leur est neuf, et immédiatement onirique. 

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