“La culture est l'arme essentielle de Belgrade"

Belgrade, l'effervescence culturelle comme refuge, dans le cadre du Festival “Un week-end à l'Est". Invités Mila Mila Turajlić, Enki Bilal, Alberto Manguel et Goran Petrović.
Par Pauline Gabinari
le Vendredi 06 Décembre 2019

belgradeLe Festival “Un week-end à l'Est" s'est clos lundi 2 décembre au Théâtre de l'Odéon. Cette rencontre autour de l'effervescence culturelle de Belgrade comme refuge a réunit la présidente de cette quatrième édition et réalisatrice, Mila Turajlić, le dessinateur Enki Bilal ainsi que les écrivains Alberto Manguel et Goran Petrović. 

Avec une arrivée quelque peu théâtralisée par l'extinction des lumières dans la salle, entourés des décors irisés de la pièce Les Mille et Une Nuits (une création de Guillaume Vincent actuellement au théâtre de l'Odéon), les quatre intervenants ont clôturé hier le dernier évènement parisien du Festival. Belgrade, pour la dernière fois de ces quatre jours foisonnants de festival, était à l'honneur. Sous le regard attentif d'un parterre comble, les artistes ont convoqué avec tendresse leurs souvenirs ou leur imaginaire et proposé leur représentation de cette ville, souvent désignée comme le foyer bouillonnant du renouveau artistique.

Le sujet n'a pas divisé malgré les horizons multiples des différents invités. Pour Enki Bilal, né en Serbie mais vivant en France depuis presque 60 ans, “la culture est l'arme essentielle de Belgrade". Idée partagée par Mila Turajlić, évoluant à travers la scène culturelle éveillée et contestataire de cette capitale.

Les points de vue se sont aussi rejoints sur le regard dur que portent les étrangers ainsi que les habitants sur la ville. Les mots, tous choisis avec une grande précision, ont donné accès à une vaste bibliothèque d'images. Goran Petrović a fait part ainsi de sa vision de la ville :  se situant au carrefour entre Orient et Occident, de nombreux figuiers poussent dans la capitale mais qu'aucune figue n'arrive à maturité. Pour lui, Belgrade est à penser comme cette ville où ne poussent pas les fruits à maturité.  C'est également une ville marquée par la guerre dont nous parlent les intervenants. Goran Petrović rappelle qu'elle a été bombardée quatre fois au cours XXème siècle et, non sans humour, que certains Belgradois ont vécus dans huit États différents sans déménager une seule fois.

La conférence terminée, le calme laisse place à un fourmillement linguistique venant de tous les côtés de la salle. Tout autant qu'une rencontre entre Est et Ouest, l'événement devient alors l'expression d'une belle solidarité. 

Lundi 2 décembre 2019 au Théâtre de l'Odéon.

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