Art à l'Est

Que signifie l'engagement d'un artiste, dans le cadre du Festival “Un week-end à l'Est". Invité : Raša Todosijević et animé par Nataša Petrešin-Bachelez.
Par Pauline Gabinari
le Vendredi 06 Décembre 2019

art a l'estDu 27 au 2 décembre, artistes, écrivains ou encore réalisateurs ont porté de leurs voix la ville de Belgrade dans le cadre du festival Parisien “Un week end à l'est". Lundi soir, Raša Todosijević s'est à son tour essayé à l'exercice en répondant à la question “Que signifie l'engagement d'un artiste ?". 

Prétextant trac et timidité, le performeur a débuté la discussion par une blague. L'histoire d'un pauvre pêcheur et d'un petit poisson magique. Une entrée en matière pas vraiment surprenante quand on sait que Raša Todosijević s'est notamment fait connaître pour une oeuvre où l'humour est roi.  La discussion s'est ensuite organisée autour d'un diaporama des différents dispositifs de Raša qu'il commentait ou qu'il agrémentait d'anecdotes. Puis, un temps de questions nous permis d'échanger avec lui. En serbe ou en français, les différents échanges ont traduit une grande mixité dans le public. Etaient présents, quelques étudiants des Beaux Arts,des admirateurs, des proches de l'artiste et même plusieurs jeunes enfants accompagnés. 

Reconnu comme l'un des principaux protagonistes du mouvement conceptuel de Belgrade, l'artiste nous a présenté son travail dans une ambiance joyeuse et décontractée.  Pour fil rouge, la déconstruction intégrale de l'artiste en tant que figure prophétique ainsi qu'une réflexion autour de la signification du symbole. Il s'est attardé sur Balkan Banquet, une installation commandée par le Théâtre Maxime Gorki (Berlin). Volontairement provocateur, l'artiste avait choisi d'organiser un banquet dont les tables assemblées formaient une croix gammée nazie géante. Ironiquement, l'objet de son attention ne fut pas ce symbole nazi mais le plat de haricots offert à tous les participants du banquet ! 

Se risquant à présenter son oeuvre avec sincérité, Raša Todosijević a choisi de créer un réel échange où, malgré la cinquantaine de spectateurs présents, chacun avait l'impression de partager une conversation intime avec lui.  

Lundi 2 décembre 2019 aux Beaux Arts de Paris. 
Retour | Haut de page | Imprimer cette page