Arles, des photos et des livres

La semaine d'ouverture achevée, on connaît maintenant le palmarès de la 50ème édition des Rencontres d'Arles et cette année encore les livres sont gagnants...
Par Henri Guette
le Lundi 15 Juillet 2019

arles 2019
L'importance des prix à Arles n'est plus à démontrer. Si les différentes fondations qui font Arles récompensent tour à tour les jeunes espoirs, couronnent les carrières ou soulignent le travail des femmes photographes, le livre n'est pas oublié. On pourrait même dire qu'il a une place d'honneur. Les signatures et rencontres avec les éditeurs se succèdent durant la semaine d'ouverture dans les différentes librairies de la ville et au Temple Art Book. Cette plateforme qui met en valeur les pratiques éditoriales tient pour une part du salon des indépendants mais propose d'autre part des expositions, performances et rencontres. On y retrouve  dans un rapport d'émulation des éditeurs bien établis comme Macula ou Xavier Barral, qui continue sans son fondateur, ou encore Buchet Chastel et Photosynthèse, autant que des maisons plus fragiles ou récentes comme la danoise Disko Bay Books ou la française September Books. Ces journées qui concernaient en priorité les professionnels ont laissé entrevoir de nombreux projets et avec le lancement le 4 juillet d'un regroupement des éditeurs français de photographie de la réorganisation d'un secteur. Les discussions qui avaient pour sujet “Sommes nous désormais post-digitaux ?" ou “Indépendance et imperfection" témoignent d'une scène en plein renouvellement ouverte aux fanzines et revues comme aux maisons d'éditions de circonstance, qui se crée autour d'un livre en particulier.

Fêter les cinquante ans des Rencontres d'Arles implique un regard rétrospectif et Martin Paar s'est chargé lui-même de sélectionner cinquante livres dans sa bibliothèque pour cet anniversaire. On retrouve Diane Arbus, Deborah Turbeville, Nan Goldin, et peut-être de façon plus étonnante dans cette liste où les images parlent d'elles-même l'enquête photographique sur Monsanto de Matthieu Asselin. Ce dernier avait été encouragé et récompensé pour ce travail par une exposition à Arles et le Prix Dummy Books remis par la fondation LUMA. Encore décerné, ce prix qui récompense une maquette et accompagne la publication a été remis cette année à Chow & Lin pourThe Poverty Line.Le duo d'artiste chinois à travers ce projet dont on peut trouver la trace en ligne ( http://www.thepovertyline.net/ ) explore dans une trentaine de pays ce que représente en terme de nourriture le budget d'une personne sous le seuil de pauvreté. L'inventaire corrélé aux prix des marchés locaux est édifiant; il renouvelle l'approche de la photographie documentaire en le croisant avec les techniques du data-journalisme. Au côté de cet ouvrage, trois autres lauréats avec pour le prix du livre d'auteur Stephen Gill et The Pillar ; pour le prix du livre historique Hannah Darabi avec Enghelab Street - A Revolution Through Books : Iran 1979-1983et enfin Vasantha Yogananthan pourDandakadans la catégorie Photo Texte où Sophie Calle a eu une mention spéciale pour Parce que. Au travers de cette sélection, les Rencontres d'Arles célèbrent une histoire multiculturelle  où se croisent les dessous livresques de la révolution iranienne et des interprétations contemporaines de mythes indous, des rêves d'oiseaux et d'envol et la question primordiale de Sophie Calle : pourquoi la photographie ?

crédit photo: Rencontres Internationales de la photographie

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