USA

La Tentation des Etats-Unis
Par Damien Aubel

tentationMarie Darrieussecq, Céline Minard, Gaëlle Obiégly, elles sont trois romancières en cette rentrée à se confronter aux mythes américains. Du western à Hollywood, elles s'avancent dans les sanctuaires classiques. Pour le meilleur, et pour le pire, elles s'approprient l'Amérique comme lieu de disparition.

Avec Marie Darrieussecq, Gaëlle Obiégly et  Céline Minard, la rentrée littéraire française  devient « the French rentrée », tant les  Etats-Unis hantent leurs romans respectifs.  « L'enchanteur » Chateaubriand, déjà,  avait subi l'envoûtement des « solitudes  américaines », qu'il distillera dans Atala, sa mini-symphonie  du Nouveau Monde. Depuis, les grands  espaces ont été quadrillés par les Highway 61 et autres  autoroutes mythiques, des métropoles-mondes ont  éclos sur les côtes Est et Ouest. L'empire d'Hollywood  a colporté aux quatre coins de la planète ses images  d'un territoire américain plus ou moins rêvé. La  fascination pour les Etats-Unis n'a fait que gagner en  puissance. Et les écrivains français ont emboîté le pas  à leur illustre prédécesseur, tournant comme lui les  yeux vers l'Ouest, s'exilant, au moins par l'écriture,  au-delà de l'Atlantique. 

Les vitupérations des uns (Georges Duhamel  et le pessimisme apocalyptique des Scènes de la vie  future), les morceaux de bravoure romanesque des  autres (l'escale new-yorkaise du Voyage de Céline),  appartiennent désormais à l'histoire littéraire. Tout  comme, moins familiers peut-être, Projet pour une  révolution à New York d'Alain Robbe-Grillet et Les  Corps conducteurs de Claude Simon. Mais ils sont loin  de clore le dossier. L'an dernier, Jean Rolin partait traquer l'idole people Britney Spears à Los Angeles  (Le Ravissement de Britney Spears). D'autres vivent et  écrivent in situ, comme Clémence Boulouque, dont  on se rappelle le récit d'amour et de deuil new-yorkais  (L'Amour et des poussières). D'autres encore  injectent une cinéphilie nourrie au western dans  leurs textes (Patrick Chatelier qui s'approprie Sergio  Leone dans Pas le bon, pas le truand, ou Christine  Montalbetti avec le bien nommé Western).

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