Casanova

Casanova, prince de l'évasion
Par Fabrice Hadjadj

casanova        Casanova échappe à tous les stéréotypes qu'il a engendrés. Dès qu'on pense voir dans son Histoire un indice de posture, une adhésion à un dogme, une nuance vient aussitôt les contredire. Casanova, le Houdini des théories littéraires.

          De son vivant, Giacomo Casanova n'était pas tant connu pour ses aventures galantes, que pour l'exploit d'une évasion qui tint à la fois de Prison Break et d'Un condamné à mort s'est échappé. Il fit en 1757 ce que nul autre avant lui n'avait réussi : s'enfuir par le haut, par les toits d'une prison qui était l'Alcatraz de l'époque – les Plombs –, dont les cachots se rencognaient au sommet du palais des Doges. C'est avec ce récit de fugitif qu'il conquit quelques mois plus tard les salons parisiens. Et c'est cette Histoire de ma fuite des prisons de Venise qui parut à Leipzig, en 1788, soit deux années avant qu'il n'entame la rédaction de  dont la publication posthume ne sera donnée en version intégrale et non affadie qu'en 1960 (chez Plon, selon un curieux calembour avec les Plombs vénitiens). Casanova est donc, avant tout, celui qui se fait la belle – et pas seulement comme on se l'imagine, celui qui se fait des belles.

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