Doggy Bag

Philippe Djian

Maison d'édition : Julliard



Soyons clairs, Djian n'a pas fini de bluffer, de surprendre et d'interloquer ses lecteurs. Après un marathon littéraire de deux ans et demi, il met un point final à la sixième et dernière « saison » de cette étrange « série ». En 1980, après avoir soumis le manuscrit de 50 contre 1, le comité de lecture de la NRF lui fit savoir que son oeuvre se situait « délibérément en dehors de la littérature »… Vingt et un romans plus tard, Djian n'a pas fini d'agacer les « défenseurs des belles lettres ». L'auteur de Doggy Bag, qui écrit dans sa préface que « le seul devoir de l'écrivain est de travailler son style », ne s'en préoccupe pas. Quand j'arrive au café Rostand, dans le Ve arrondissement, Philippe Djian, debout au comptoir, est en train de siroter un café et de lire le journal.

Doggy Bag ou la littérature à réchauffer à la maison
À la lecture de Doggy bag, pas difficile de comprendre que l'auteur s'en est donné à coeur joie : la nature se déchaîne, l'eau tombe à verse, les inondations saccagent la ville et la terre se met maintenant à trembler… « C'est bien comme cela que je vois le monde dans lequel on vit : la Grèce est en feu, des tsunamis ravagent les côtes, la banquise disparaît et il y a une dizaine de pays en Afrique où ça tire de partout. Il suffit de lire les journaux pour se rendre compte qu'on vit dans un bordel total. Et tant que ça ne vient pas se présenter sous notre nez, là, devant le Rostand, on continue comme si de rien n'était… »
Quand on lui demande ce qui l'a motivé à écrire cette « série littéraire », Djian répond qu'il croit en la fonction de l'écrivain et que s'il veut que son action porte ses fruits, il doit rester à l'écoute de ce qui se passe autour de lui. « Si l'esprit des spectateurs est ouvert aux nouvelles séries télé, pourquoi ne pas aller dans cette direction ? » Transposée sur papier, cette « série » permettrait d'aboutir à un montage littéraire plus rapide et d'entrer tout de suite dans le vif du sujet : « Dans Six Feet Under, la série télé qui m'a donné envie d'écrire Doggy Bag, on arrive dans cette maison, et en dessous, il y a un mort, paf ! Je ne suis pas linguiste, mais cela s'appelle une hypotypose. Il y a vingt ans, si un écrivain faisait ce genre de chose, il risquait de perdre son lecteur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. » Djian s'amuse donc à introduire son récit par des dialogues, à changer le point de vue d'une ligne à l'autre, sans prévenir, et son écriture devient en ce sens cinématographique. Pas étonnant qu'il soit maintenant question de réaliser une adaptation de Doggy Bag pour la télé : « Quand je vois le niveau lamentable des séries françaises, je me dis qu'on devrait être capable de faire un peu mieux… Mais cette adaptation télé, ce n'est pas gagné, et honnêtement, le résultat me fait peur. »

Portrait of the artist as a young man
Philippe Djian voit le jour à Paris, dans le Xe arrondissement, en 1949. Son père, d'origine juive et né en Algérie, s'engage à l'âge de 16 ans dans l'armée. Quand il est démobilisé, quatre ans plus tard, il n'a pas un sou en poche. Avec un copain, il décide donc de se renflouer en créant une contrefaçon du Nº 5 de Chanel… Il croise alors une femme issue d'un milieu très conservateur, et les deux oiseaux, qui ne pouvaient pas être plus différents l'un de l'autre, donneront naissance à une couvée de trois marmots, dont Philippe sera l'aîné. Les parents travaillent beaucoup et dans l'appartement familial flotte une désagréable sensation d'austérité.
Philippe entre en sixième au lycée Turgot, où il s'ennuie à mourir. Deux ans plus tard, il rencontre Jérôme Equer : « Ce type est venu s'asseoir à côté de moi et au bout de quelques jours, il m'a dit qu'on allait s'échanger des lettres. Comme il était brillant en français, je me suis senti obligé de travailler mon style, et c'est comme ça que j'ai été initié à l'écriture… » En seconde, un prof de français les prend sous son aile : « Belval, un type passionné de musique et de littérature. » À cette époque, Djian envisage une carrière de journaliste. Belval leur fait alors une prophétie qui ne se révèlera pas tout à fait exacte : d'après lui Djian deviendra journaliste, Equer écrivain. Ironie du sort, c'est le contraire qui se produira…
À 16 ans, Djian est embauché comme magasinier chez Gallimard, « au trente–sixième dessous », dans les caves de la rue Sébastien–Bottin. Il y rencontre Jean Denoël, qui le pousse à écrire. Mais voilà, le boulot, les études, rien de tout cela ne l'intéresse vraiment. Il n'a qu'une chose en tête : voyager.

Le voyage initiatique
En 1969, Djian et son copain Equer partent au Havre pour bosser en tant que dockers. Une idée fixe : gagner assez d'argent et trouver un cargo sur lequel ils traverseraient l'océan, direction l'Amérique du Sud… « On était des romantiques et on voulait partir à l'aventure. On partait tous les matins à 4 heures avec notre crochet de docker pour décharger des sacs de caoutchouc et de café… » Mais après un mois et demi sur les quais, ils réalisent que l'époque de Cendrars est révolue et que les cargos ne prennent plus de jeunes pour bosser sur le pont… Peu importe, ils gagnent assez de fric pour se payer un billet d'avion pour New York, où ils trouvent un job au Rockefeller Center. En racontant cette anecdote de jeunesse, Philippe Djian se met soudainement à rire : « Je rigole parce que j'ai revu Equer hier soir, ici même, au Rostand. On s'était perdus de vue après le service militaire et il m'a récemment recontacté. On a justement parlé de faire un livre sur ce voyage de dingue, qui a duré pratiquement six mois. »
Dans sa YMCA (Young Men's Christian Association) de la 50e Rue, Djian tombe sur un bouquin de Blaise Cendrars oublié par terre : s'agirait–il d'un message providentiel ? La journée, les deux compères déplacent des caisses dans les caves du Rockefeller Center, et la nuit, ils picolent et dépensent leur paye… Ils parviennent malgré tout à se payer un billet pour la Colombie et c'est là que l'histoire prend une tournure romanesque : le jour du départ, ils ne se réveillent pas et apprennent plus tard que l'avion dans lequel ils devaient se trouver vient de s'écraser. Bilan : aucun survivant…
Pas grave, ils prennent tout de même le vol suivant : « Si on racontait ce qui s'est vraiment passé, on ne nous croirait pas… Je me revois en Colombie, dans cette gargote… On est fauchés et je sympathise avec un type, qui finit par m'acheter mon stylo Dupont. On est complètement pétés et moi, je commence à draguer sa nana. Et là le type sort un gros revolver de sa poche et me le braque sur la tempe ! »
Nos joyeux Pieds Nickelés débarquent en Colombie en pleine période d'élection et, en y allant au culot, parviennent à s'approcher de la guérilla – « les FARC d'aujourd'hui » – et à entrer dans des prisons, camps d'entraînement antiguérilla et aux procès interdits à la presse. De retour en France, Paris Match juge leur reportage « trop pro–guérilla ». L'Humanité Dimanche le considère « trop pro–gouvernement » et ne leur achète que les photos. L'expérience est décourageante, mais Djian s'inscrit tout de même dans une école de journalisme.
S'il fait maintenant des piges, le jeune homme est encore loin d'imaginer une carrière littéraire. Il fait du rewriting pour Détective et écrit un feuilleton (Les play–boys meurent seuls), qu'il signe sous le pseudonyme de Dan Miller. C'est alors qu'il rencontre Anne–Marie, qui deviendra sa femme et la mère de ses trois enfants. Les amoureux retapent une bergerie, dans les Corbières, et en 1975, quand la maison est à peu près vivable, décident de s'y installer. Et c'est donc dans ce petit coin de paradis que naîtra leur fils Loïc. Cinq ans plus tard, les pigeons voyageurs vivent dans la région du Mans, où Djian bosse de 9 heures du soir à 9 heures du matin sur un péage d'autoroute. Et comme il ne voit passer que trois ou quatre camions par soir, il décide d'apporter dans sa cabine une machine à écrire…

50 contre 1
Quand il a écrit suffisamment de nouvelles, il se rend chez Gallimard pour les montrer à Denoël qui, entre–temps, est mort… Il laisse donc son manuscrit à la standardiste, mais le comité de lecture n'accrochera pas – c'est le moins qu'on puisse dire. Il ne sera donc pas publié chez Gallimard. Pas tout de suite, en tout cas.
Raphaël Sorin, éditeur au Sagittaire, le contacte pour lui dire qu'il a beaucoup aimé son manuscrit et qu'il veut le publier. Il voudrait simplement que certains passages soient retravaillés : « Je lui ai répondu que cela ne m'intéressait pas et je lui ai raccroché au nez ! Je ne doutais de rien et trouvais dingue qu'on me demande de retravailler un texte, qui, pour moi, était abouti. » C'est donc un jeune éditeur, Bernard Barrault, qui décide de publier 50 contre 1 en 1981. Clara, la première fille du couple, vient au monde en 1982 – la deuxième suivra huit ans plus tard. Bleu comme l'enfer, son premier roman, paraît en 1983, et Zone érogène un an plus tard. Djian vit complètement coupé du monde littéraire : « Je voulais tout simplement qu'on me foute la paix. Tant qu'on m'envoyait mon petit chèque, j'étais content… Mon éditeur ne m'avait jamais vu avant mon troisième bouquin et, à Paris, les critiques se disaient que s'ils venaient me voir, j'allais les recevoir avec un fusil… Une certaine mythologie s'est créée, mais rien de tout cela n'était calculé. »
À peine quelques centaines d'exemplaires de ses trois premiers livres sont vendus. Et soudainement, en 1986, Jean–Jacques Beineix décide d'adapter à l'écran 37˚2 le matin (publié en 1985). En trois semaines, le film fait 800 000 entrées : la carrière de l'écrivain est lancée. Et c'est à cette époque que les Djian s'installent à Biarritz.

L'écrivain de la génération rock
Dans Ardoise (Julliard, 2002), Djian dresse la liste des auteurs qui ont fondamentalement changé son existence. Le bilan est intrigant : sur les dix auteurs sélectionnés, seuls deux sont français (Céline et Cendrars), alors que tous les autres sont américains. « Quand j'ai commencé, je ne lisais que des Américains parce qu'il n'y avait rien en France qui me parlait. » Salinger, Kerouac, Melville, Miller, Faulkner, Hemingway, Brautigan et Carver, voilà donc les pères littéraires de Djian.
Ensuite sont venus se joindre à la famille Bukowski, Fante, Harrison, Roth, McInerney… Récemment, Djian déclare avoir beaucoup aimé Craig Davidson ou encore Jon Krakauer (l'auteur de Into the Wild). La liste est sans fin : « Bret Easton Ellis est un auteur remarquable. Lunar Park m'a scié les pattes. Au début, il parle de son travail d'écrivain, ce qui n'est pas rien… Et tout à coup, quand la moquette commence à pousser, le roman explose. Voilà où ces auteurs américains sont forts : quand ils y vont, ils y vont ! Ils ne se demandent pas s'ils risquent de ne pas être pris au sérieux. Contrairement à Houellebecq, par exemple, qui part sur de bonnes idées, mais qui vise finalement autre chose : il veut être pris pour l'écrivain français sérieux, qui ne déconne pas… »
Au début de sa carrière, quand on lui demandait ce qu'il essayait de faire, Djian répondait que le summum serait d'arriver à faire un livre comme une chanson de Lou Reed : « La voix de Lou Reed peut descendre en vous et vous transformer. Pareil pour Kerouac, qui change vos rapports aux femmes, au monde… » Un beau jour, il se dit que le samedi soir, ses lecteurs regardent Les Enfants du Rock. Il envoie donc 37º2 à l'animateur Antoine de Caunes, qui adore et lui propose sans hésiter de faire une émission de trente minutes à Biarritz. Et c'est pendant ce tournage qu'il rencontre Stephan Eicher. Avec son anneau à l'oreille, ses bières, ses nanas en minijupes et ses références à Kerouac, Bukowski et Brautigan, Djian est devenu, dans les années quatre–vingt, l'écrivain de la génération rock. Et tout ça le fait bien sourire : « On avait fait de moi une caricature, mais je vivais loin de Paris et je n'en avais pas grand–chose à faire… »
Comme le titre de son premier recueil l'indique, Djian se voit comme un rebelle : « Quand j'ai commencé à écrire, j'écrivais contre. Contre tous ces gens qui m'emmerdaient et m'obstruaient la vue. J'écrivais contre des auteurs comme Angelo Rinaldi. C'est quelque chose de vital, au début : on se définit toujours contre quelque chose, ou en réaction à quelque chose. »
Sur les traces de Miller, l'auteur de Zone érogène s'est fait une solide réputation d'obsédé sexuel : « Écrire sur le sexe, c'est intéressant dans la mesure où il s'agit d'une pure transgression. En France, à part Bataille et quelques marginaux, personne n'a vraiment osé aborder le sujet. Alors évidemment, en tant qu'écrivain, on doit se demander ce qu'on peut en faire… La pornographie est–elle réservée aux types qui font leur truc le samedi soir sur Canal ? Mon but a toujours été de faire bouger les choses et je ne me suis pas gêné. »
En 1989, celui que l'on qualifie de « plus américain des écrivains français » fait ses valises pour aller vivre de l'autre côté de l'océan, aux États–Unis, sur la petite île de Martha's Vineyard. En 1991, l'oiseau migrateur et sa petite famille s'installent sur les hauteurs de Florence en Italie. L'écrivain accepte de signer un nouveau contrat pour trois romans avec son éditeur, mais ne sait pas encore que Barrault a été racheté par Flammarion – une maison pour laquelle Djian refuse de travailler. C'est ainsi qu'il signe chez Gallimard. En 1993, Sotos sera son premier roman à paraître dans la collection « Blanche ». La bourlingue suit son court : Bordeaux en 1994, puis Lausanne en 1995. Et en 2000, retour à la case départ, à Paris – pas dans le Paris gavroche, mais dans le Ve…
D'accord, l'univers de Djian s'est embourgeoisé : dans Doggy Bag, les Sollens vivent dans les beaux quartiers, roulent en Mercedes et claquent sans compter. Fini les losers et les marginaux qui fument des joints ou picolent des bières dans la cuisine : « Je ne voudrais pas faire comme Buffet qui, après avoir trouvé un filon, a continué à reproduire la même chose jusqu'à la fin de sa vie… Je pourrais bien sûr écrire sur les banlieues, mais là, on me dirait que j'exagère. » Après tout, Paris, c'est sa ville, c'est là qu'il a grandi : « Ce qui n'empêche que Paris me pose toujours un gros problème… Tellement gros que je n'ai jamais pu en parler ! Alors peut–être que je finirai par y arriver… » Et l'écrivain fait d'ailleurs un grand pas, puisqu'après avoir entretenu le mystère sur les lieux exacts où se déroulent ses intrigues, il décide de faire un roman « sur la France ».
Décidément, rien n'arrête Philippe Djian : il vient de publier une pièce de théâtre intitulée Lui (L'Arche Éditeur) et, à son temps perdu, fait de la traduction, « pour le plaisir de la langue, encore une fois… » Une BD va bientôt voir le jour, et il continue sa collaboration avec Stephan Eicher : « Le but, c'est de ne pas m'enfermer dans ma tour d'ivoire et de constamment essayer de nouveaux trucs. » Sur le dernier album de Stephan Eicher, il a d'ailleurs non seulement écrit la plupart des textes, mais a aussi composé un titre… Bizarrement, il n'a pas encore publié de poésie : « C'est dur, la poésie. Mais j'essaie bien sûr de mettre tout cela dans mes romans… »

« C'est quand même vachement agréable de coucher une phrase qui se tienne »
Djian vient de signer un contrat de cinq livres chez Gallimard : « Un jour après avoir mis un point final au dernier volume de Doggy Bag, j'ai entamé un nouveau roman. Je refuse de me mettre dans la situation de l'écrivain qui met trois mois à se demander ce qu'il va raconter… Soit l'histoire est là, soit elle n'y est pas. Je n'ai jamais réussi à faire un plan ni à m'asseoir pour me demander ce que j'allais imaginer… »
Pour Djian, il suffit d'une première phrase, qui portera ensuite tout le récit. « L'inspiration, je n'y crois pas. Le mec qui écrit la nuit, qui capte un truc incroyable, ça ne m'intéresse pas. Le seul élément que je ne contrôle pas et que je ne peux pas expliquer, c'est la première phrase. Pourquoi vous décidez de suivre telle personne ou telle autre ? Aucune idée. Et cette phrase peut vous venir avec une force incroyable. Je me souviens d'une entrée en matière (pour Gallimard, en plus…) : “Marc est mon frère, mais j'ai du mal à l'imaginer se faire enculer.” Elle m'est venue comme ça et je ne pouvais pas m'en défaire. » Et que penser de cette première phrase de la sixième saison de Doggy Bag, in English dans le texte : « Hello, NOTHING compares to the feeling of having a larger penis ! » : « Tous ces spams que l'on reçoit, c'est toujours en anglais, non ? » Pour un roman qui va se concentrer sur un sexolique, effectivement, on peut parler d'une belle introduction. Et quand on l'accuse de faire dans le sordide, l'écrivain répond qu'il s'agirait peut–être de lire le journal et d'ouvrir les yeux…
Tout de suite après avoir fini Doggy Bag, Philippe Djian a donc trouvé sa fameuse première phrase, et le voilà embarqué dans une nouvelle aventure. Où cela va–t–il le mener ? Il n'en sait encore rien : « C'est comme si vous suiviez quelqu'un dans la rue… Vous allez peut–être abandonner votre filature parce qu'il ne se passe rien. Mais si le mec entre dans une maison et que vous commencez à voir quelque chose derrière la vitre, là, peut–être que vous tenez le bon bout… »
Djian est convaincu que, depuis Shakespeare, toutes les bonnes histoires ont été écrites. Ce qu'il reste à travailler, c'est donc l'angle, le point de vue, la manière de présenter son récit : « La langue est une vibration qui doit rendre compte du monde dans lequel on vit. Je veux dire à mon lecteur qu'on est entre amis, qu'il n'y a aucun mal à prendre son pied, mais qu'il ne doit pas pour autant perdre de vue ce que j'essaie de lui montrer… Amusons–nous avec le type qui trompe sa femme, tout en gardant à l'esprit que ce n'est pas parce qu'on s'amuse qu'on est obligé de faire de la sous–littérature… » Si Djian adore le grotesque, il est aussi évident que l'on a toujours affaire dans ses romans à des personnages qui morflent et qui endurent. Comme dans Six Feet Under, on s'amuse, mais attention, tout cela est très sérieux…



Par : Alexandre Thiltges

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Commentaires

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