Patrick Deville et Antoine Volodine

Par Dossier coordonné par Vincent Jaury et Oriane Jeancourt Galignani

deville"Les utopies m'intéressent surtout au moment où elles s'écroulent"

Avec Viva, Patrick Deville part sur les traces de Léon Trotski et Malcolm Lowry, arpentant leur terre d'exil et d'utopie, le Mexique. Le roman de vies révolutionnaires.

introduction et propos recueillis par Oriane Jeancourt Galignani

C'est un homme qui se méfie de trop parler. Même à moi, venue l'interroger dans son petit appartement parisien de la rive gauche sur ce dernier roman, Viva, qu'il publie, il ne dit que l'essentiel. Sans doute Deville se méfie-t-il des phrases longues, péremptoires, politiques. Alors, il ne les finit pas, les laisse en suspens, ou les ponctue d'un regard fixe, métallique et d'une remarque : « Mais c'est banal tout ça, non ? » De ces évidences qu'il craint de devoir rappeler, il en devient taiseux. Patrick Deville croit pourtant aux mots des disparus. Un aventurier des archives, sensible au « vertige des traces », voilà l'auteur de Viva, nouveau roman dans lequel il se plonge dans le passé, les années vingt au Mexique, le désir révolutionnaire incarné par l'arrivée de Trotski parmi les artistes mexicains, Rivera, Kahlo... En parallèle, il relate la genèse de son livre fétiche, Au-dessous du volcan, signé Malcolm Lowry. Qu'ont en commun ces deux récits ? Trotski est cité deux fois dans Au-dessous du volcan...

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volodine"Je suis avec ceux qui savent que tout est foutu"

Terminus radieux, roman d'aventures et de mythes, est un des grands livres de la rentrée. Rencontre avec Antoine Volodine, l'homme aux multiples pseudonymes.

introduction et propos recueillis par Damien Aubel

S'apprêter à rencontrer Antoine Volodine, irradiant avec son dernier opus postnucléaire cette rentrée 2014, c'est un peu comme s'aventurer dans ces territoires aux confins de la magie et de l'apocalypse chers à l'écrivain – ou plutôt aux écrivains, puisque Volodine n'est qu'un pseudonyme parmi une poignée d'autres : Manuela Draeger, Lutz Bassmann ou encore Elli Kronauer, tous également adoptés par l'auteur. C'est perdre tous ses repères, s'exposer à l'inattendu. Car des images de Volodine, on s'en était forgé à foison à la lecture de Terminus radieux. Le roman oscille entre la steppe et la taïga et retrace une épopée picaresque au ralenti, comme dans une brume somnambule, où il est question de soldats morts-vivants déambulant dans une Russie postapocalyptique. On se voyait déjà en face d'un ectoplasme furtif, regard inquiet, mixte de dissident et d'espion, armé de théories paranoïaques. On y croise Solovieï, un dirigeant de kolkhoze, hybride de père ogre de conte de fées, de poète visionnaire et de sorcier adepte de métamorphoses aviaires.

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illustrations Antoine Moreau-Dusault


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