Michael Connelly

Par Alexandre Thiltges

Il n'a jamais été flic ni meurtrier. Los Angeles la scintillante lui doit pourtant quelques-unes de ses plus sombres affaires policières. Accroché aux basques de son héro, Harry Bosch, sur fond de jazz et de paranoïa post-11 septembre, Michael Connelly signe le treizième volet des aventures d'un flic peu recommandable. Paru l'année dernière en feuilleton dans le New York Times, A genoux (The overlook) sort dans sa traduction française. Sans sommation, Connelly prend le volant pour nous enmener sur les lieux du crime.




MICHAEL CONNELLY FAIT PEUR. C'est tout du moins ce que je me dis lorsque je le vois traverser le hall du Casa del Mar Hotel, où nous avons rendez-vous... L'auteur a la carrure d'un flic du LAPD (Los Angeles Police Department), une voix caverneuse et des yeux qui dégagent un mélange détonant de rage et de douceur, de détresse et de lucidité.

Pour la sortie d'À genoux (The Overlook), le treizième roman de la série des Harry Bosch, Connelly nous reçoit à Los Angeles, la ville à laquelle il consacre toute son oeuvre. Quand on lui propose de reprendre le volant et de nous emmener sur le lieu du crime, Connelly accepte sans hésiter. Nous prenons donc le Santa Monica Boulevard en direction

d'Hollywood, Mulholland Drive et le fameux Overlook (de l'autre côté de la Hollywood Freeway), le quartier où se déroule son dernier opus.

Nous voici maintenant au coeur d'Hollywood, où se passent la plupart de ses romans, cheminant paisiblement vers les collines qui dominent la ville. Connelly nous conduit d'abord à Hollywood Heights, où l'on découvre le cadavre dans La Défense Lincoln et qui est immortalisé par The Long Goodbye, de Robert Altman : « J'ai tellement aimé ce film que j'ai loué un appartement dans cet immeuble dès que j'en ai eu l'opportunité ! » Nous prenons ensuite Woodrow Wilson, où se trouve la résidence de Harry Bosch et où le personnage aime savourer sa bière en regardant les lumières scintiller sur la ville des Anges. Et enfin, nous grimpons droit vers Overlook, le lieu du crime de son dernier roman, qui donne sur le barrage de Mulholland et sur la ville couverte d'un épais smog jaunâtre. Quand on descend de la voiture, l'auteur pointe son doigt vers moi :

« À genoux, tu vas mourir ! » À cet instant précis, ses yeux exorbités deviennent franchement inquiétants... Mais sans attendre, Connelly se reprend : « À genoux, c'est bien le titre français de mon roman, non ? »





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