Kenzaburo Ôé

Le grand entretien
Par Oriane Jeancourt Galignani

gd entretienLe prix Nobel signe Adieu mon livre !, nouveau roman érudit et autofictif où il s'interroge sur la vieillesse. Kenzaburo Ôé mène aussi sa campagne contre le nucléaire, fédérant des millions de Japonais. Retour sur cinquante ans de littérature et de combats politiques avec un écrivain prônant la folie des vieillards.

Lire Kenzaburô Ôé, c'est traverser un champ de ruines en chantant. Le prix Nobel a construit son oeuvre sur plusieurs catastrophes. La première, on la connaît, c'est celle de notre humanité récente : Hiroshima, Nagasaki, le désastre atomique a fondé la conscience du Japon moderne, il a nourri le puissant livre du jeune Ôé, Notes de Hiroshima. En 1963, le romancier, à 28 ans, retourne sur les lieux du bombardement, parmi les rescapés et les irradiés, les hibakusha à qui il donne corps et voix dans ce livre. Deux ans plus tard, il écrit : « Hiroshima est, si je puis dire, la lime la plus dure à laquelle je me sois frotté, celle qui va à l'essentiel. » Cette expérience première va donc « limer » son écriture, la former à appréhender la grande question de la vie d'Ôé : la vulnérabilité humaine. 

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