Alan Furst

Par Alexandre Thiltges

Chacun de ses livres est un best-seller. Pourtant Alan Furst écrit toujours sur le même thème: des histoires d'espions dans l'Europe des années 1930. La puissance de ses romans, il l'impose par sa qualité de narration et la précision de ses recherches. A l'occasion de la sortie en France du "Sang de la victoire" (l'Olivier), Alan Furst nous a reçus chez lui, aux Etats-Unis, pour nous parler de son métier d'écrivain.



Trois heures de bus sur les routes cabossées de Long Island, c'est long. Mais on finit tout de même par arriver à la gare routière de Southampton, où Alan Furst nous attend avec un grand sourire. Après une poignée de main chaleureuse, nous montons dans son Opel et l'auteur nous propose de faire un détour par la plage.

En route, il nous fait une visite guidée des lieux : « Le village de Sag Harbor, où nous habitons, a été fondé en 1707. C'est une ville de baleiniers, aujourd'hui truffée d'écrivains et de gens intéressants. Sans cela, ce serait l'enfer… » En effet, l'histoire littéraire de Sag Harbor ne date pas d'hier, puisque le village est déjà cité dans Moby Dick… L'océan est noir, le ciel d'un bleu pur, et un vent glacial nous fouette le visage. Pas une goutte d'humidité dans l'air.

Les maisons en bois, blanches, avec leurs somptueuses tourelles et leurs pelouses nettement tondues, donnent à la petite bourgade une atmosphère plaisante, reposante. Mais on sent bien que ce coin du monde, aussi pittoresque soit-il, n'intéresse pas plus que cela notre auteur d'espionnage : « Je ne suis pas venu dans la région pour passer mon temps dans des soirées mondaines. »

Quand on lui demande s'il se verrait un jour écrire un livre qui se déroulerait à notre époque, dans cette partie de l'Amérique, il explose de rire : « Pour dire quoi, franchement ? Mon univers romanesque s'arrête à la fin de la Seconde Guerre mondiale et ce qui se passe après ne m'intéresse pas ! » Nous continuons ainsi cette virulente conversation sur la route, de l'océan à Sag Harbor…




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