Marie NDiaye

Un prix Goncourt mérité
Par Anonyme

Marie NDiaye vient de recevoir le prix Goncourt pour Trois femmes puissantes, son nouveau roman. Dans ce dossier, nous revenons sur les principaux aspects de son oeuvre: le fantastique, l'oppression, l'influence de Faulkner, et publions les réactions de quelques romanciers et cinéastes.



Le début des années 90 a marqué un tournant pour le roman français. Deux livres, incarnant des sensibilités totalement différentes, sont parus quasi simultanément : À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, d'Hervé Guibert (1990), et En famille, de Marie NDiaye (1991). Le premier ouvrait la voie, ou plutôt le boulevard de l'autofiction, qui deviendrait la grande affaire de la littérature française pour les deux décennies à venir. Ce penchant pour le récit de soi culminerait avec L'Inceste (1999), de Christine Angot, dont la première phrase est justement un clin d'oeil à Guibert et pastiche l'ouverture du roman précédemment cité.

Tout autre est l'ouverture d'En famille. C'est à Kafka que le futur prix Goncourt fait directement référence. L'arrivée au village de son personnage, Fanny, évoque celle de K. dans Le Château. Et annonce un fantastique du quotidien qui se prononcera, s'affinera au fil du temps et des oeuvres. Rejetée par sa famille car elle ne ressemble pas à ses cousins et cousines, Fanny couche dans une niche, mange les restes qu'on veut bien lui donner et finit dévorée par les chiens. Avant de... renaître. Le parcours de cette héroïne dans une campagne où, l'hiver venu, « une grisaille pesante semble pencher les figures vers le sol, brutal et sans fantaisie », rassemble les trois dimensions du travail de Marie NDiaye : la quête d'identité, l'exploration des névroses familiales et celles de la société. Annonçant ce pays qu'elle décrirait plus tard comme « monstrueux », suscitant la récente polémique, la France apparaît alors comme moisie, repliée sur elle-même, consanguine...



- Réactions par Alain Mabanckou, Claire Denis, Abdourahman A. Waberi. 



- Marie NDiaye, l'anti-Angot par Fabrice Lardreau.



- Marie NDiaye, la voix des humiliés par Orianne Jeancourt Galignani.



- Marie NDiaye, la faulknérienne par Damien Aubel.



Le dossier n'est pas disponible en ligne.

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