Rencontre avec Georgi Lazarevski

Par Nathalie Dassa
le Mercredi 15 Février 2017

lazarevskiVoyage au bout du monde - et à travers le miroir : Zona Franca, le docu de Georgi Lazarevski montre l'autre côté de la Patagonie. Rencontre avec le réalisateur.
 

N.D. : Après la chaleur du Maroc et de Jérusalem de vos précédents documentaires, vous choisissez le froid de la Patagonie. Qu'est ce qui vous a attiré ?

Georgi Lazarevski : Ce qui attire de prime abord les touristes : une région extraordinaire définie comme une terre de liberté, avec tous ces paysages grandioses. Mais je voulais très vite évoquer l'envers du mythe et ancrer mon film dans la réalité sociale. La grève des habitants a cristallisé toute cette tension. C'est un territoire qui porte la douleur, la violence de la colonisation et, aujourd'hui, dans sa dernière phase de développement, c'est devenu un territoire de loisirs.

N.D. : Comment s'est déroulé le processus de travail ?

G.L. : Le point de départ de mes films émane de mes personnages. J'ai du mal à écrire un traitement sur des idées ou basé sur des livres, je dois me déplacer et rencontrer les locaux. Ce sont eux qui font mes films. Mais en arrivant dans cette région, j'ai découvert une ligne ininterrompue de barbelés qui traversent la Patagonie sur une centaine de kilomètres. À l'évidence, je devais évoquer cette face cachée pour casser la narration, à travers ces barrières, ces centres commerciaux, cette mondialisation, ces puits de pétrole et de gaz...

N.D. : Comment s'est fait votre choix au niveau des personnages ?

G.L. : Je cherchais des individus qui représentent la société ancienne et moderne. Chacun des trois personnages symbolise une époque, une génération : le chercheur d'or (le passé), le routier (le présent) et la femme confrontée à cette transformation et à ces petits métiers qu'on offre aux jeunes.

N.D. : Avez-vous rencontré des difficultés ?

G.L. : Pas spécialement, mais je voulais réaliser un film pour le cinéma après mes deux documentaires. Ce territoire méritait le grand écran. Avec un budget de 300 000 € dont l'aide du CNC, ce projet a nécessité huit ans de travail et de réflexion, et tant mieux car Zona Franca va être distribué dans trois salles à Paris : Au Méliès à Montreuil, au Luminor et à Saint-Michel.

Zona Franca, de Georgi Lazarevski, Zeugma Films, sortie le 15 février

 

 

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