23 juin.
Par Vanessa Postec,à 11:40 :: General :: #49 :: rss
Une vérité qui dérange à la sauce finnoise
Après le coup de coeur de la semaine passée, un autre. Un vrai, un grand qui ne connaît pas les saisons. Exit le bayou, bienvenue en Finlande. Certes, il y fait moins chaud -encore que, avec le réchauffement climatique, cela devrait s’arranger rapidement... Nous voilà sur les terres d’Arto Paasilinna, auteur sagement fou du Lièvre de Vatanen, de Petits suicides entre amis ou du Bestial serviteur du pasteur Huuskonen. Avant de tâter de l’écriture sous ses formes les plus diverses (journalisme, poésie et roman), Paasilinna fut bûcheron puis ouvrier agricole. Toutes choses qui, mises bout à bout, suffisent à expliquer l’évidente dilection du finnois pour la nature encore nature, les petites et les grosses bêtes. L’histoire? Eemeli Toropainen, petit-fils d’un bouffeur de curé et incendiaire d’église, communiste jusqu’au bout de la faucille, est chargé d’accomplir les dernières volontés de son grand-père. A savoir, ériger sur ses terres un joli temple sylvestre construit à l’ancienne, tout en bois, sur le modèle d’une église du XVIIIe siècle. Bon garçon libre de tout engagement depuis que sa société a déposé le bilan, Eemeli Toropainen s’attelle à la tâche sans barguigner. Dans son petit coin de paradis, l’église sort de terre sans tenir compte de l’hostilité marquée des autorités, civiles comme ecclésiastiques. Une poignée d’écolos, pas exactement doués de leurs mains, rallient les alentours du temple hors-la-loi. Puis d’autres arrivent, formant bientôt une petite communauté villageoise qui, sous la férule d’Eemeli Toropainen, aura fort à faire pour s’en sortir et prospérer: la troisième guerre mondiale éclate, l’économie de marché n’est plus ce qu’elle était, une centrale nucléaire fait des siennes... Joyeusetés qui adviennent, à en croire Paasilinna, dans les deux décennies à venir. Ce n’est pas très optimiste, mais plus efficace, pour faire intelligemment réfléchir, qu’un Grenelle de l’environnement. Plus encore, Le Cantique de l’apocalypse joyeuse est une fable écolo et humaniste. Et, comme l’indique son titre mieux que le résumé, tout à fait joyeuse.
Le Cantique de l’apocalypse joyeuse Arto Paasilinna Denoël, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail, 336 p., 20 €



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