02 juin.
Par Vanessa Postec,à 17:27 :: General :: #48 :: rss
Amour un peu partout
Après Amour dans une petite ville -les plus curieux pousseront jusqu’à la rubrique “archives”- Wang Anyi, femme de lettres chinoise auteur du Chant des regrets éternels, récidive avec Amour sur une colline dénudée. Ici et là, Wang Anyi a fait scandale dans son pays avec ses histoires d’amour et de sexe -adultérins ou hors mariage. De notre côté du monde, pas sûr pourtant qu’amants et maîtresses choquent vraiment. Voir. Au commencement, il y a une petite fille, puis une jeune fille qui “badinait avec les garçons juste parce qu’ils étaient des garçons. Elle se moquait bien qu’ils soient fils d’empereur ou de mendiant, car après tout, elle n’avait pas en tête de séduire le père” et un jeune garçon qui, en grandissant, devient violoncelliste. Elle et lui se marient, mais pas ensemble. Pis, ils ne se connaissent ni se croisent et rien ne semble devoir arriver. Jusqu’au coup de théâtre que Wang Anyi transforme en coup de foudre et assène depuis les hauteurs de sa colline. Pas de mystère, ce qui doit arriver, arrive. Et l’auteur, alors, à voir se débattre ses personnages, jubile. A croire que ce qui fit scandale, dans la Chine des années 1980 n’est pas l’adultère mais la manière de le raconter. Chirurgicale. Avec un incroyable talent mais sans une once de compassion pour ses personnages. Sans un regard amical pour les hommes et les femmes qu’ils incarnent. “Le plus souvent, une femme aime un homme moins pour sa valeur que pour la réalisation de ses propres chimères amoureuses. Pour ces chimères, une femme donnerait tout, jusqu’à se sacrifier elle-même.” Comment dit-on misogyne en chinois?
Amour sur une colline dénudée Wang Anyi Traduit du chinois par Stéphane Lévêque 226 p., Editions Philippe Picquier, 17,50€



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