Pourquoi nous aimons les femmes. Question sans point d’interrogation, ou début de réponse. La suite à lire demain, entre les pages du recueil de nouvelles du roumain Mircea Cartãrescu. Un recueil paru en 2004 qui valut au poète et romancier (Orbitor, L’Oeil en feu) de la nouvelle vague roumaine son plus beau succès public et commercial avec 70 000 exemplaires écoulés. Abandonnant l’exigence pour la légèreté, l’écrivain signe un portrait de groupe, la photo de classe d’une école de filles. Il y en a de belles et de moins belles, des joyeuses et des désespérées, des toujours présentes, d’autres presque oubliées, et quelques unes vaguement fantastiques. Cartarescu en parle avec tendresse et une pointe d’acidité, et avec humour, surtout, comme dans “... A lovely little Jewish princess...”: “Les critiques partagent les écrivains, selon les affinités, les générations, selon les familles spirituelles ou les courants littéraires, mais en ce qui me concerne, je crois que l’on peut tout aussi bien les classer en écrivains qui ont eu peu de femmes et en écrivains qui en ont eu beaucoup.” Et puis encore le nouvelliste parle de lui et de ses semblables, comme pour expliquer aux femmes que le sentiment qui domine chez les hommes lorsqu’il les évoquent ressemble à une forme d’amoureuse incompréhension. A sa question, Mircea Cãrtãrescu ne répond qu’en filigrane: nous aimons les femmes car elles ne sont pas des hommes, sans doute. Mais plus certainement parce qu’elles ressemblent à des livres, toujours riches d’histoires et de rêves. Et rien que pour cela, Mircea Cãrtãrescu est un écrivain infiniment aimable.

Pourquoi nous aimons les femmes Mircea Cãrtãrescu Nouvelles traduites du roumain par Laure Hinckel 150 p., Denoël, 12€