30 avr.
Par Vanessa Postec,à 17:50 :: General :: #44 :: rss
Don DeLillo regarde les hommes tomber...
Après Jay McInerney, Jonathan Safran Foer, Ian McEwan, John Updike, l’Australien Richard Flanagan, ou plus près de nous Frédéric Beigbeder -pardon aux oubliés et à tous ceux qui n’en sont qu’à mi-parcours de leur traversée de l’Atlantique-, Don DeLillo signe son roman post-11 septembre, L’Homme qui tombe. Un roman en images à défaut d’un livre d’images. A commencer par celle qui ouvre le récit: une image de fin de monde, noyée de cendres et de gravats, et un homme debout, du verre dans les cheveux, une mallette à la main et du sang sur le visage. D’autres suivent, celle de l’homme qui tombe, performeur qui se lance tête en bas du haut des immeubles et qui finira par mourir d’une banale maladie de cœur; celle du canon d’un fusil; celle de malades d’alzheimer qui s’oublient doucement; celle d’enfants qui guettent à la jumelle le retour du messie, un certain Bill Lawton que la bouche pleine de chewing-gum on confondra aisément avec Ben Laden, et puis celle de survivants, assis devant le film de l’attentat: “Il dit: “On dirait encore un accident, le premier. Même à cette distance, loin en dehors de là, combien de jours plus tard, je suis là à me dire c’est un accident. -Parce que c’en est forcement un. -C’en est forcement un. -La façon dont la caméra se montre surprise, en quelque sorte. -Mais seulement le premier. -Seulement le premier, dit-elle. -Le deuxième avion, quand le deuxième avion apparaît, dit-il, nous sommes tous un peu plus vieux et un peu plus sages.””. Les personnages de Don DeLillo ne sont pas encore à terre, alors il les regarde tomber comme il a vu les tours devenir ruines. Plus qu’un roman post-11 septembre, L’Homme qui tombe est un roman sur l’impuissance à valeur géopolitique ajoutée. Un livre des petits riens. Et un grand Don DeLillo.
L’Homme qui tombe Don DeLillo Traduit de l’américain par Marianne Véron 300 p., Actes Sud, 22€



Commentaires
1. Le mercredi 11 juin 2008 à 13:17, par Papa :: site
helo ! "don delillo signe son roman post-11 septembre" :) precision indispensable ? les parentheses n disent parfois davantaged que tout le reste :) merci pour ce billet interessan-, au plaisir de vouslire !
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