16 avr.
Par Vanessa Postec,à 15:12 :: General :: #43 :: rss
Petit traité de mondialisation économique
Récession, pouvoir d’achat, refonte de l’accès aux droits chômage, (in)égalité homme-femme dans le monde du travail... Comme une litanie sans fin de gros mots à la mode. Voir: “Faut pas pousser, moi aussi j’ai bossé longtemps et les impôts, c’est pas avec le dos de la cuillère qu’on s’est servi non plus. Les allocations chômage auxquelles vous avez droit en fonction du travail passé, par contre, elles sont si faibles et durent si peu de temps que c’est à vous donner envie de hurler. (...) Je n’ai plus que deux mois d’allocations à toucher et rien ne me garantit que je retrouverai un emploi entre-temps.” L’auteur de ces lignes est une trentenaire partie de son entreprise après que son chef s’est montré encore plus insultant et insistant qu’à son habitude; une jeune femme célibataire contrainte de repartir vivre chez maman. Rien que de très banal. Seule originalité, la narratrice se nomme Kyôko et fait ses comptes en yens. Le Jour de la Gratitude au Travail est un tout petit livre, acide et drôle, couronné par le prix Akutagawa, comparable par son importance à notre Goncourt. L’ouvrage d’une jeune femme -Itoyama Akiko- qui s’est frottée aux dures lois de l’entreprise (représentante pour une société d’appareils ménagers) avant de se lancer dans l’écriture, et qui tire de ses expériences passées deux récits, aux héroïnes soumises -entre autre- aux diktats du marché, dans un environnement ultra-compétitif où le “travailler plus” donne des semaines de quatre-vingt heures. Passé les indéniables qualités littéraires de l’ouvrage, constater qu’ailleurs, à défaut d’être pire, ce n’est pas mieux, devrait rassurer. Vraiment?
Le Jour de la Gratitude au Travail Itoyama Akiko Traduit du japonais par Marie-Noëlle Ouvray 102 p., Editions Philippe Picquier, 13€



Commentaires
1. Le mardi 22 avril 2008 à 13:50, par joffrey hugon :: site
J'ai lu les quelques premières lignes de ce roman il y a quelques jours à la fnac. Il est vraiment dommage que même dans la littérature il soit à la mode d'adopter une syntaxe proche de celle du langage parlé, de plus en plus répandu chez les auteurs, et sans réel souci de style.
2. Le mardi 22 avril 2008 à 13:51, par JH
J'ai oublié un mot, aprés littérature il faut ajouter "japonaise"
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