20 mar.
Par Vanessa Postec,à 14:35 :: General :: #40 :: rss
Allah superstar (punk)
Une semaine tout juste après que la Cour d’appel de Paris a confirmé la relaxe de Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, dans l’affaire des caricatures de Mahomet, paraît un livre -Les Taqwacores (de taqwa: amour, foi en Allah et core: hardcore)- qui devrait contribuer à relancer l’attention crispée des musulmans les plus conservateurs. Voir. Le narrateur, Yusef, a grandi dans une famille religieuse; il ne boit pas, ne fume pas, ne se drogue pas, ne couche pas avec la première (ni la deuxième) venue. Yusef a dans sa chambre un drapeau du Pakistan, pays dont il connaît ce qu’il a pu en voir en un été; Yusef est étudiant. Plutôt que de vivre sur le campus, il a trouvé refuge dans une maison musulmane pas vraiment conventionnelle, un foyer peuplé de bizarres créatures à crêtes et épingles de nourrices, tatouages et burka, tapis de prières et bouteilles de bières. “J’ai cessé de vouloir définir à tout prix le mot “punk” à peu près au même moment où j’ai arrêté d’essayer de définir l’islam -deux mouvements qui ne sont pas aussi éloignés qu’on pourrait le penser. Les deux sont nés d’une formidable explosion de vérité et de vitalité mais semblent avoir perdu quelque chose en chemin -l’énergie, peut-être, conséquente à la prise de conscience que le monde n’avait jamais connu pareille force et n’en connaîtrait plus jamais. Les deux ont été mis à mal par des traîtres et des hypocrites, mais aussi par de fervents adeptes dont la dévotion a handicapé leur énergie créatrice.” Voilà pour le soft. Sinon? Soirées avinées et petits matins brumeux, relations sexuelles et rites religieux malmenés, et puis, courant tout au long du livre, une exégèse peu conventionnelle du Coran, et de “tous les trucs complètement débiles” qu’il contient... Pourtant, les taqwacores, c’est un peu plus qu’une vaste blague: le mouvement, n’en déplaise aux incrédules, existe (voir les groupes The Kominas, 8-bit ou Vote Hezbollah); et Michael Muhammad Knight, si l’on en croit son éditeur, “s’est converti à l’islam à l’âge de seize ans après avoir lu la biographie de Malcolm X.” Du coup, si Les Taqwacores, derrière leur couverture jaune à défigurer une bibliothèque, ne révolutionneront pas la littérature, ils hérisseront sans doute, façon crête, les plus rigoristes. Ce qui n’est déjà pas si mal.
Les Taqwacores Michael Muhammad Knight Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laure Manceau 340 p. Hachette Littératures, 22€



Commentaires
1. Le mercredi 21 janvier 2009 à 16:02, par voiture :: site
faut trouver dans l'urgence de nouvelles sources d'energie! www.chermou.org
2. Le vendredi 25 juin 2010 à 18:18, par sonnerie portable gratuit :: site
j'adore votre site et particulièrement cet article que je trouve parmi les plus intéressant.
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