30 jan.
Par Vanessa Postec, à 16:49
Le retour de Bukowski: en ver(re)s et en prose
Acte I, en prose. Ceux qui ne connaissent de Charles Bukowski que son passage catastrophe sur le plateau de Bernard Pivot y apprendront plein de choses. Les autres sans doute un peu moins. Pas vraiment de scoop dans la biographie qu’Howard Sounes consacre au père du Postier mais une somme (396 p) d’anecdotes, de témoignages inédits -de maîtresses, d’amis, d’éditeurs, d’écrivains, d’acteurs, etc- qui, mis bout à bout, forment un récit trépidant comme un roman. Comme du Bukowski dans le texte, c’est émouvant, brut, alcoolisé, pas toujours très tendre. Mais drôle. Ou provocant. Ou les deux. Morceau choisi: “ “Vous savez, l’homme n’est séparé du paradis que par quelques centimètres”, lâcha-t-il, mystérieux, une fois qu’il eut pris place dans le décor: le sapin, les cartes de Noël et le bébé Leonardo qui dormait paisiblement dans son berceau... George Di Caprio réfléchit à cette phrase énigmatique, supposant qu’elle dissimulait un sens festif. Sa mère, qui était un peu sourde, demanda à Bukowski de répéter. “Ouais, hum, il n’y a que quelques centimètres..., déclara Bukowski, QUI EMPECHENT L’HOMME DE SE SUCER LA BITE!””
Acte II, en vers. Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines, recueil de poèmes inédit en France a été publié, pour la première fois, chez Black Sparrow Press en 1969 et est depuis considéré par beaucoup comme un des ouvrages majeurs de Bukowski. Ce qu’il est assurément. Il y a là la voix, l’esprit et le monde du Vieux dégueulasse: le fantôme de Jane Cooney Baker, sa première compagne morte quelques années plus tôt et à qui le recueil est dédié, une galerie de paumés, une journée aux courses, une autre dans des arènes, des femmes, et des bouteilles, et des chats. Pour ceux qui n’aiment ni les femmes, ni les bouteilles, ni les chats, il y a, aussi, dans ce recueil, plus d’histoires que dans bien des romans. Bio et recueil sont attendus le 7 février prochain en librairie, alors, pour patienter, un court poème apéritif. “et la lune et les étoiles et le monde: les longues promenades nocturnes: voilà ce qui fait du bien à l’ âme: espionner les fenêtres des femmes au foyer fatiguées de lutter contre leurs maris que la bière rend dingues.”
Une vie de fou, Charles Bukowski, Editions du Rocher, Howard Sounes Traduit de l’anglais par Thierry Beauchamp 396 p., 23€
Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines Charles Bukowski, Editions du Rocher,Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Thierry Beauchamp, 200 p., 15€


