20 dec.
Par Vanessa Postec, à 18:43
Noël, Acte II
Pour éviter les conflits, deux options. 1/ Dire du bien et seulement du bien. 2/ Parler des morts. Certes, tout cela ne relève pas du plus grand courage. Certes, encore, ce n’est pas exactement le meilleur moyen pour faire parler de soi. Alors, pensez donc! Dire du bien, et d’un mort, de surcroît... S’il fallait une excuse, Noël et sa trêve des confiseurs en ferait une toute trouvée. S’il en fallait une autre, la sortie d’un quasi inédit de Prévert devrait faire l’affaire. Aux moins de cinquante ans qui, par la force des choses -l’épuisement, en clair-, n’ont pu croiser Guignol, on ne racontera pas l’histoire des vingt-huit petites pages d’une comédie belle comme un poème. On se contentera de dire que l’intrigue se passe à Noël, que Jacques Prévert, quand il s’attaqua à cette pièce de théâtre pour enfants de tous les âges, devait être en grande forme; que les illustrations d’Elsa Henriquez, naïves et fraîches sont tout “un petit monde irréel ressemblant et vrai” pour reprendre les mots du poète; et que, pour neuf euros et avec un ruban autour, cela garnira le pied du sapin. Bref aperçu, in fine, en forme d’indications de mise en scène, et pour convaincre les plus récalcitrants que, parfois, dire du bien d’un mort s’impose: “Le taxi démarre. Le chien bondit, s’installe à côté du chauffeur. Le paysage démarre. (Flocons de neige. La nuit est tombée, et la neige tombe dans la nuit.)” '' Guignol'' Jacques Prévert, Illustrations de Elsa Henriquez Le Cherche Midi, 32 p., 9€


