15 juin.
Par Vanessa Postec, à 22:01
Le Tom Wolfe nouveau est arrivé.
Le résumé, pour commencer. Celui de la chute impitoyable d'un golden boy new-yorkais au faîte de sa gloire. "Actionner les leviers qui meuvent le monde... Voilà ce qu'il faisait." Il, c'est Sherman McCoy qui se trompe de sortie d'autoroute, débarque dans le Bronx et alors que deux jeunes Noirs s'approchent de sa Mercedes, en écrase un. Il, c'est Sherman McCoy qui, de son piédestal, chute et sombre, pulvérisé sur le bûcher des vanités. Il y a tout dans le nouveau Wolfe, la satire d'un milieu, la photo grand angle d'une certaine Amérique, la critique du pouvoir des médias et des ambitions trop humaines. Et une impression de déjà lu, de déjà vu aussi. Introuvable ou quasiment jusqu'à sa réédition en grand format le mois dernier, le nouveau et premier Tom Wolfe a vingt ans. 1987, publication du Bûcher des vanités, 2007 réimpression du Bûcher des vanités. Comme si depuis le "falo delle vanita", ce jour de mardi gras 1497 où les disciples de Savonarole rassemblent bijoux, miroirs et autres "pousse-au-péché" pour les brûler, rien n'avait changé. La bonne nouvelle, c'est qu'avec 28 euros en poche, le vulgus pecum ne sera plus contraint de fréquenter les échoppes des bouquinistes. L'autre bonne nouvelle, c'est que la couverture de ce monument -700 pages- littéraire est passée du cheap absolu à un noir et blanc version troisième millénaire. Mais la vraie bonne nouvelle, c'est certainement que les chefs d'oeuvre résistent au temps -ce que l'on savait déjà- et surtout que Le bûcher des vanités en est un -ce dont on se doutait bien un peu. Alors l'actualité, finalement, c'est peut-être qu'il n'y en a pas, comme les trains qui roulent à grande vitesse et qui arrivent à l'heure.
Le bûcher des vanités Tom Wolfe 700 p., Pavillons Robert Laffont, 28 ?


