06 dec.
Par Oriane Jeancourt,à 17:26 :: General :: #35 :: rss
Perdu dans le labyrinthe soviétique
L’erreur politique : elle n’épargne pas grand monde. Qui sommes nous pour juger ? Personne, certes, mais nous sommes peut-être susceptibles d’apprendre. Images du labyrinthe vient de paraître chez Gallimard, un recueil d’articles de Roger Caillois parus entre 1933 et 1975. Livre fabuleux, de l’extase surréaliste à la découverte d’Alechinsky, Roger Caillois nous mène, d’œuvres en oeuvres, au cœur de sa propre quête existentielle. Au plus fin critique, il donne une leçon d’humilité ; ne jamais perdre de vue que le peintre est avant tout un « escamoteur » qui nous joue des tours et nous perd à sa guise dans son labyrinthe. Mais, dans ce dédale, on se heurte soudain à une phrase jetée à l’artiste osant s’insurger contre le totalitarisme soviétique : « Puisqu’il n’a pas de convictions à défendre et qu’il s’en vante, qu’il adopte donc celles que le gouvernement l’invite à exalter ». Le charme est rompu. Une question domine désormais la lecture : comment Roger Caillois, le grand penseur de l’imaginaire et du sacré, s’est-il perdu dans la défense de la doctrine soviétique ? Il va même plus loin et la lecture de ces phrases aujourd’hui prend un tour particulier, « il en est trop, à la fin, qui réclament l’indépendance et qui n’ont rien à en faire. » Roger Caillois propose une conception de la liberté de l’artiste très, très, personnelle… Il faut « savoir ce qu’on veut et accepter d’en payer le prix », connaît-il l’existence du goulag ? Roger Caillois écrit cela en 1947, Staline règne sur l’URSS. S’il ne réussit tout de même pas à défendre la peinture soviétique, il justifie ainsi le difficile avènement du grand art communiste, « Il convient de prévoir une certaine baisse de qualité, un recul dans la technique et dans l’invention, mais pour préparer ensuite quel superbe et unanime épanouissement ! ». L’idéologue a réussit à museler l’esthète. Heureusement, avec le temps, ce dernier reprend le dessus et touche au plus juste : « Vous vous demanderez si la vie ne fut pas une sorte de brève et passagère infection. ». Peut-être l’utopie communiste offrait-elle à Roger Caillois une échappée dans « ce monde essoré et empli de gloire, tissé de mémoire fourbe et d’attente dupée. ». Un monde labyrinthique pour ceux qui doutent du sérieux de l’existence.
Images du labyrinthe, Roger Caillois, nrf, Gallimard, 135p. 13, 90 euros



Commentaires
1. Le mercredi 14 avril 2010 à 10:42, par recette machine a pain :: site
merci beaucoup pour ces informations utiles qui nous évites de chercher partout sur le web.
2. Le mardi 8 juin 2010 à 15:41, par paper writer :: site
Personne ne peut vraiment comprendre ce que c'était que de vivre à ce moment-là. Même les gens qui y vivent maintenant. On peut lire à ce sujet, regarder des films (y at-il bon, à ce sujet?) Et écouter les histoires. Mais comment pouvons-nous imaginer le sentiment de gens qui n'ont jamais senti en sécurité et ont dû trouver qui ils étaient tout le temps? Ou bien les gens qui étaient toujours préparer goulag, valises avoir emballé dans un étui il arriva à l'improviste?
3. Le samedi 12 juin 2010 à 14:11, par Revitol :: site
Je ne suis pas bon en français .. Je m essaie de traduire littéralement mon commentaire de l'anglais au français. Ainsi, il pourrait ne précise du son, mais il serait assez compréhensible. Je suis désolé pour cette .. Votre message est sur tous les super mais je n'ai pas vraiment comprendre la conclusion de base de votre poste? Voulez-vous me dire en mots simples .. Merci
4. Le samedi 26 juin 2010 à 22:31, par Revitol :: site
hi there , nice article. My french isn't too good, I think I got aim MOST of it : P Cheers
5. Le vendredi 6 août 2010 à 21:15, par link building services :: site
Eh bien, j'ai visité une blogs français beaucoup et je trouve une chose commune dans ce blogs il ya des modèles sont alomost même si je tiens à vous suggérons de faire votre propre modèle.
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