J'ai pris un verre avec...Sabrina Ouazani

« Je trouve Édouard tellement intelligent et pertinent »
Par Nathalie Dassa
le Mardi 17 Janvier 2017

pris un verreNos points de rencontres au Pause Café et au Centreville étant pleins, nous nous sommes finalement posées juste en face, dans le Bistro du Commerce. Et autour de soft drinks, nous avons discuté, comme de grandes copines, de sa carrière et de son actualité, durant une heure. Sabrina Ouazani, c'est la beauté ténébreuse, avec ses longues boucles en ailes de corbeau, son regard noir, sa voix imposante, son sourire et surtout son éclat de rire distinctif. La comédienne de vingt huit ans commence seulement à émerger alors qu'elle a déjà une solide filmo. Depuis L'Esquive de Kechiche, son premier rôle pour lequel elle a été nommée meilleur espoir féminin aux César, elle a travaillé avec Mihaileanu, Farhadi, Beauvois... Elle a exploré de nombreux genres dans les cinémas d'auteur, engagé, populaire, et incarné pléthore de seconds rôles. Elle a également fait ses gammes à la télévision et au théâtre. Sabrina est une hyperactive. Sportive et engagée dans la défense du droit des femmes et des enfants, elle est débordante d'énergie et veut tout jouer. Elle rêve de tourner avec Maïwenn, d'incarner la Juliette de Shakespeare sur scène et de réaliser son court Là-bas , qui retrace la relation avec son père et l'histoire de l'Algérie. Fortement attachée à la Courneuve, sa banlieue natale, elle évite pourtant de s'enfermer dans des rôles de maghrébines des cités. Elle n'aime pas les amalgames et qu'on lui demande son avis sur la foi, l'islam, le burkini. Elle refuse d'ailleurs de nombreux projets. Pourtant, en regardant de près, sa filmo n'en compte que très peu (En attendant demain , Pattaya ). Ce qu'elle veut aujourd'hui, c'est qu'on la surprenne, qu'on lui fasse confiance. « Pour moi, être actrice, c'est une manière de vivre mille vies en une ».  Et Édouard Baer, à qui elle voue une admiration sans borne, a su répondre à cedésir. Dans Ouvert la Nuit , elle incarne Faeza, une stagiaire de Sciences Po qui traverse le Paris nocturne avec son déluré de patron d'un théâtre populaire, incarné par Édouard Baer. Mais Faeza, c'est surtout le prénom de sa grande soeur : « J'ai  mon personnage grâce à elle »  précise-t-elle « ils partagent de nombreux points communs. Elle est droite, organisée, carrée et ne se laisse pas faire ».  Un choix qu'Édouard Baer a approuvé d'une délicate formule « si elle est douce et gracieuse, en même temps on se dit qu'elle doit vous en coller une sévère dans une baston à mains nues ».  Si Sabrina Ouazani a souvent privilégié l'impro (école Kechiche oblige), le travail sur Ouvert la nuit  a nécessité plusieurs lectures dans la capitale, scénario en main. Car au départ, elle devait incarner un autre rôle. Lequel ? « Je te le dirai en off »  me confie-t-elle, avant d'ajouter « J'étais chamboulée qu'Édouard me fasse confi ance à ce point. Qu'il puisse se projeter. Je l'adorais déjà en tant qu'artiste. Je le trouve tellement intelligent et pertinent. Je craignais de ne pas être à la hauteur car je joue en binôme avec lui » . Sabrina Ouazani a bien sûr d'autres longs métrages à venir (L'Embarras du choix ) et des projets sur le feu, dont un rêve de jeune fille qui devrait se réaliser : jouer dans un film de hip hop. Mais ce qui lui tient aujourd'hui le plus à coeur, c'est son expérience avec Baer. Et ce coeur-là, ouvert de nuit comme de jour, bat fort.

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