Actualité

Décès de Norman Mailer

12/11/2007

Réagir

 

Son nom évoquait à lui seul tempêtes et polémiques. Avec Norman Mailer, qui vient de s'éteindre le 10 novembre à l'âge de quatre–vingt quatre ans, l'Amérique a perdu l'un de ses observateurs les plus incisifs. Romancier et journaliste en plus de quarante ouvrages, il se distingua par une vision corrosive de ses contemporains. Né en 1923, il grandit à Brooklyn dans une famille juive. Après un diplôme d'ingénierie aéronautique, il est recruté en 1943 par l'armée et part pour les Philippines et le Japon. Démobilisé en 1946, il s'inspire de son expérience du front pour Les Nus et les Morts, son premier roman. Publié en 1948, ce récit qui décrit le débarquement d'une division de l'Armée américaine sur une île du Pacifique le rend aussitôt célèbre, à seulement vingt–cinq ans. De romans en essais, il dresse une peinture au vitriol d'un demi–siècle d'Histoire américaine. En 1955, il s'impose comme une figure phare de la Beat Generation en participant à la fondation de Village voice, revue contestataire bientôt mythique, dans le sillage de Jack Kerouac et William Burroughs. Son opposition à la guerre du Vietnam lui inspire Pourquoi sommes–nous au Vietnam (1967) et Les Armées de la nuit, qui lui vaut un prix Pulitzer en 1969. La même année, il se présente sans succès à la mairie de New York. La plupart de ses publications suscitent la controverse, qu'il accuse le FBI ou la CIA de la mort de Marylin Monroe dans "Marilyn" (1973), évoque la peine capitale dans Le chant du bourreau (le récit du destin d'un assassin, de sa naissance à son exécution, qui lui valut un second Pulitzer) , s'interroge sur l'assassin de John Fitzgerald Kennedy (Oswald, un mystère américain) ou la jeunesse d'Hitler dans Un château en forêt, son dernier opus, publié en 2007. Eclectique, il se fait aussi scénariste, acteur, et même réalisateur, le temps de quatre films, dont Les vrais durs ne dansent pas, adapté de l'un de ses romans et sélectionné à Cannes en 1987. Dénonçant récemment l'engagement américain en Irak et virulent à l'égard de George W. Bush, Norman Mailer n'a jamais désarmé, en dépit de l'âge. A la ville, l'homme, marié six fois et père de neuf enfants, fut excessif et ne se ménagea pas les ennemis. Il mettait récemment la dernière main à un livre d'entretiens. L'occasion d'ultimes règlements de comptes ?


De Sophie PUJAS

RetourImprimer cette pageHaut de page

Commentaires

Ajoutez votre commentaire

Les champs suivis d'un (*) sont facultatifs.

(*)


Afin de lutter contre le "spam" et d'éviter que des programmes malveillants n'utilisent ce formulaire, nous vous demandons de bien vouloir recopier le code ci-dessous :

cryptogram  Recharger

dernier numérohors série

Recherche

Les blogs

Agenda

Tv Transfuge

Deslivres.com

Deslivres.com

La Regle du Jeu