Pat-Pat la galérienne

Par Le mec de l'underground
 
Le problème à Pat-Pat, c'est que tu te fais chier une fois les baloches vides. D'accord, tu peux te torcher la gueule, te fonceder le crâne, mais ça comme partout, pas besoin de traverser le pacifique et galérer 12 plombes dans un frelon. Deux putains de semaines que je tourne en rond dans la ville du vice à essayer de cramer le temps et galérer comme un bouffon sur la walking street. Hicham et Vince restent toute la journée dans leur piaule avec les deux taspés qu'ils ont ramassées à Bangkok, et moi je me retrouve seul, en mode trimard.

Sérieux les soces, je ne les comprends pas. Ils pourraient changer de meufs tous les jours, même quinze fois par jour, troncher plusieurs raclis en même temps mais nan, ils ont préféré se faire chier avec une girl-friend en carton. Perso, pas moyen ! Avec moi, il n'y a pas de long-times qui tiennent, la tepu prend son bifton de 500 baths, je la fourre une heure et elle se casse. Moi les délires « i love you tilac », je les laisse aux pigeons. Moi, c'est « boom-boom, bye bye ».

Je me taille du « Diamond-A-Gogo » et remonte vers la second road. J'ai encore passé ma soirée à reluquer des zouzs se tortiller autour d'une barre de strip mais ça ne m'excite plus. Même pas une demi-trique, je suis blasé. Ras-le-cul des meufs bridées et plates, on aurait dû se barrer à Riga ou au Brésil, au moins là-bas il y a de la substance.

-Massage sire ? me fait une brochette de thaïs bien souriantes.

Ouais, elles ont au moins ça, elles sont souriantes. Mais moi je ne calcule plus. Je sais très bien que je suis le farang de service, un larfeuille sur pattes. Allez-vous faire mettre, bande de taimpes ! J'avance sur la seconde. Je n'arrive même plus à être rébou, à force d'enchainer soirée sur soirée sous l'effet du Mekong-Coca dégueulasse. Ils ne nous ont pas respectés avec leur alcool de merde mais en même temps, c'est le moins reuche.

-Massage sir ?

-Ouais, et ta mère en string !

-What ?

Je trace ma route. Qu'est-ce que je vais branler ? Je n'ai même pas envie de niquer et pourtant ça va se terminer comme ça. Troncher, juste pour passer le temps. Et moi qui étais grave saucé avant de partir... Vacances de merde, avec des potes de merde qui la jouent lovers plutôt que de faire la teuf et partouzer avec leur brother. Bande de bouffons ! 
Je prends la ruelle à gauche pour revenir sur la walking street. Bon alors, je fais quoi ? Lady bar, gogo bar, blowjob bar ? Ouais, je crois que je vais trainer mes tatanes dans la soi 6, « la rue des short-times », avant de pointer au Burger King et de me terminer au Beer Garden.

-Hey handsome man ! me fait un trav.

C'est ça le katoy, espère ! Je ne le calcule pas et avance.

-Nice boy...

Ils sont collants, je n'ai jamais vu ça. Bande de dégénérés. Casse les yeucs, cette ville de merde ! Et le vieil expat' d'hier qui me sortait « ici c'est le paradis », avec son look de clodo tropical et ses deux chicos dans la bouche. Ouais c'est ça, le paradis, à cette heure-ci tu n'es qu'un pélo planqué ici et peut-être tricard par les keufs de chez nous. Garde la pêche cousin ! Une ville de merde blindée de ruskofs et de bitchs toutes pareilles.

Casse les burnes ! Et pour pécho du bédo, tu oublies, c'est un attrape-bouffons ! Au moment où je quitte la walking street et que je débarque sur la beach road, un boxon terrible éclate derrière moi. Je me retourne : une baston ! Deux gadjos éclatent la gueule d'un autre, un anglais je crois. Des thaïs se précipitent pour séparer les fritailleurs. Je mate la scène qui se déroule sous mes yeux. En fait il y a quand même des moments sympas à Pat-Pat.


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