Qui l'aime la suive !

À trois on y va de Jérôme Bonnell, prototype très abouti de comédie sentimentale à la française.
Par Sidy Sakho

a troisComment faire un film neuf avec du vieux ? Et même du très vieux puisque le nouveau Jérôme Bonnell illustre une vieille scie : « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Réponse : en tablant sur ses acteurs et ses situations, bref tout simplement en faisant du cinéma. Prenons un couple bien straight, Micha et Charlotte (Félix Moati et Sophie Verbeeck), vingtenaires, fraîchement propriétaires d'une petite maison lilloise. Mettons qu'une de leurs connaissances communes, la jolie Mélodie (Anaïs Demoustier), soit du genre à inviter quiconque à l'aimer plus que d'amitié, sans le faire exprès, par sa nature simplement aimable. Quiconque, soit elle (Charlotte) et lui (Félix). De ce postulat volontiers vaudevillesque, Bonnell tire nombre de situations de franche comédie, parfois irrésistibles. Vecteur un peu paumé de ce marivaudage d'aujourd'hui, Mélodie, par sa seule proximité avec chacun, circule ainsi en objet du désir moins obscur que volatile, gracieux mais toujours next door. À notre tour, on l'aime pour ça.

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