Macbeth

Par Frédéric Mercier

Ce Macbeth de cinéma n ressemble à aucun autre avant lui. Si tous les illustres cinéastes (Kurosawa, Polanski, Welles) centraient leur réflexion sur le passage de l'ère païenne à chrétienne, le réalisateur australien du très barbare Les Crimes de Snowtown fait plutôt le pari de la sauvagerie et du réalisme. Aucune sorcière ici, aucun sortilège. Mais des soldats, sombrant dans le meurtre par bêtise et lâcheté. Même la scène du banquet avec le spectre de Banquo trouve ici une explication logique. Même son épouse (Marion Cotillard), souvent représentée sous les traits d'une diablesse, apparaît plus humaine que d'habitude. Seul vrai démon de ce nouveau Macbeth : la chair, celle du sexe bien entendu mais celle aussi en lambeaux des charniers et des champs de batailles. A mesure, ce film solennel et pompier, s'empourpre du sang de ses victimes, parmi lesquelles son émouvant couple d'époux maudits. Féminin, gracieux, à rebours de ce film lourd et terrien, Fassbender compose l'un des plus convaincants Macbeth du répertoire.

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