Abus de faiblesse

Par Louis Séguin

abus de faiblesseSi le nouveau film de Catherine Breillat prouve au moins quelque chose, c'est qu'Isabelle Huppert peut vraiment tout jouer. Soit, ici, Maud, cinéaste victime d'une hémorragie cérébrale. Le personnage est calibré d'après « l'histoire vraie » de Catherine Breillat qui est victime, coup sur coup, d'un accident cérébral puis de Christophe Rocancourt, arnaqueur professionnel de vedettes. Le film commence, sur les chapeaux de roue, par l'AVC, suivi de longues séquences à l'hôpital où l'on voit la patiente retrouver ses fonctions cérébrales et motrices avec une grande difficulté. La cinéaste filme ces scènes difficiles avec une minutie d'autobiographe, mais avec une distance loin de toute empathie, installant immédiatement une relation trouble entre le spectateur et son personnage : entre pitié et agacement, Maud inspire des sentiments contradictoires. C'est là qu'intervient l'escroc notoire (interprété par Kool Shen), choisi pour cette raison même par Maud comme comédien de son prochain film. Avec la simplicité d'un personnage de fable ou d'un épisode de Faites entrer l'accusé, l'escroc escroquera la convalescente. Et Catherine Breillat, qui n'a toujours pas compris comment elle s'y est laissée prendre, élude finalement l'ambiguïté de la relation de domination entre la cinéaste et l'arnaqueur pour laisser place à ce que le titre annonce : un chef d'accusation. 

Sortie le 12 février

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